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ZIGUINCHOR : Le système éducatif paralysé à 65% par une grève régionale des enseignants et une marche nationale des élèves des Eaux et Forêts

De Youssouf DIMMA, Ziguinchor

C’est une coïncidence très rare dans la région de Ziguinchor. Les enseignants de l’ensemble des établissements scolaires de cette région sud du pays, membres des six (6) syndicats les plus représentatifs regroupés au sein du groupe dit « des six, soit le G 6 », ont décrété ce jeudi 21 mars un mot d’ordre de grève de 24 H après un débrayage observé ce mercredi. Dans le même temps, les quelque cent cinquante (150) étudiants, toutes années confondues, du Centre National de Formation des Techniciens des Eaux, Forêts, Chasses et Parcs Nationaux (CNFTEFCPN) ont battu le macadam sur près de cinq (5) kilomètres pour dénoncer leur conditions d’études et de recrutements, s’ils le sont. Ces derniers ont déposé un mémorandum à la préfecture de Ziguinchor.

En effet, lançant, selon eux leur « premier plan d’action » qui est aussi « un mot d’ordre d’avertissement », les syndicats membres du G6 régional ont d’abord débrayé mercredi à partir de 9 heures. Les responsables ont ensuite organisé une assemblée générale restreinte au lycée Djignabo de Ziguinchor pour « peaufiner » la suite à réserver à leur mouvement d’humeur avant décréter un mot d’ordre de grève total de 24 heures ce jeudi.

Interrogé sur les raisons qui sous-tendent de leur mouvement d’humeur, Joseph Boucal, porte-parole du « G6 régional » a indiqué que « c’est pour protester contre la décision prise par l’inspecteur d’académie de Ziguinchor de relever le proviseur, le censeur et le surveillant chargé de la reprographie au lycée Ahoune Sané de Bignona sans attendre la fin d’une enquête ouverte sur la découverte des inscriptions ‘’Coalition Sonko Président’’ sur des copies de composition, le 7 février dernier, au niveau des classes de secondes ».

 L’inspecteur d’académie de Ziguinchor qui a alors découvert cela, a envoyé une demande d’explication tour à tour au proviseur, au censeur et au surveillant chargé de la reprographie qui y ont répondu. Puis Siaka Goudiaby a porté l’affaire devant la justice en « portant plainte contre X ». Une enquête et ouverte par la gendarmerie de Bignona et au même moment, M. Goudiaby a relevé les concernés de leurs fonctions respectives les remplaçant par des intérimaires.

Dans un communiqué qu’il a alors rendu public suivi d’une déclaration faite sur le même dossier, Siaka Goudiaby a précisé avoir pris ces décisions « à titre  conservatoire » afin que les mis en cause puissent « être à la disposition entière des enquêteurs ».

C’est justement à ce niveau que les syndicalistes du « G6 régional » ont pris au mot l’autorité académique. Si l’on en croit Joseph Boucal, « l’inspecteur d’académie a pris une décision trop hâtive en relevant le proviseur, le censeur et le surveillant de leurs fonctions ; il devrait attendre que l’enquête suive son cours et que des coupable soient identifiés pour les sanctionner sur la base d’une décision de justice, mais il n’en a été rien de tout cela ». Les responsables syndicaux  du « G6 régional » ont alors décrété leur mot d’ordre de grève « pour contraindre l’inspecteur d’académie à revenir sur cette décision et à rétablir les collègues sanctionnés à leurs postes respectifs ». M. Boucal ainsi cité, a ajouté que « s’il (l’inspecteur d’académie, Nldr) ne revient pas sur cette décision, l’assemblée générale des responsables du G6 régional nous a donné mandat de continuer la lutte en durcissant le ton car elle estime qu’alors tous les collègues de la région de Ziguinchor sont en sursis chacun partout où il est en fonction ».

Quant aux élèves du CNFTEFCPN de Djibélor, ils non seulement renouvelé, à l’issue d’une assemblée générale tenue à leur établissement,  leur mot d’ordre de grève de 72 heures, mais aussi ils ont arboré des brassards rouges tout en brandissant plusieurs pancartes pendant la marche pacifique et autorisée qu’ils ont organisée.

Sur leurs pancartes, l’on pouvait lire des inscriptions aussi nombreuses que variées. Ils ont surtout insisté sur : leur « recrutement automatique » dans la fonction publique après leurs trois (3) années de formation, « l’érection du centre en école de formation comme pour les autres corps paramilitaires ».

Ces élèves, très agités, pendant leur procession, ont également exigé dans le mémorandum remis au préfet de Ziguinchor M. Ibra Fall, qui a promis de « transmettre le document à qui de droit ».

Interrogé sur le taux de respect du mot d’ordre de grève à 17 heures sur l’étendue de la région de Ziguinchor, Moussa Sakho, membre du pool des responsables du « G6 régional » par ailleurs secrétaire général de la coordination régionale du Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal, Authentique (SELS/A) a déclaré qu’ « il a été largement suivi puisqu’à 17 H nous étions à 65% ».

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Khadim FALL

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