Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lo, a présenté mardi 8 septembre 2026 sa Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Nommé à la Primature le 25 mai dernier, il a exposé les principales orientations que son gouvernement entend mettre en œuvre.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a réaffirmé sa volonté de poursuivre la trajectoire engagée par l’exécutif précédent. Le référentiel « Sénégal 2050 » demeure au cœur de l’action gouvernementale. Toutefois, Al Aminou Lo entend privilégier une nouvelle méthode fondée notamment sur la définition des priorités, la recherche de nouveaux mécanismes de financement, le suivi des résultats et davantage de dialogue avec les citoyens.
La situation des finances publiques occupe une place importante dans cette feuille de route. Le gouvernement fait face à un niveau d’endettement élevé et à d’importants arriérés de paiement. À fin mars 2025, ceux-ci étaient estimés à près de 1 956 milliards de francs CFA. Leur règlement figure parmi les urgences annoncées par le Premier ministre.
Pour redresser les comptes publics, Dakar compte également revoir la gestion de sa dette. Le gouvernement privilégie un réaménagement des échéances et du coût de la dette plutôt qu’une restructuration classique. Cette stratégie intervient alors que le Sénégal a conclu un accord au niveau des services avec le Fonds monétaire international pour un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans.
Le gouvernement prévoit par ailleurs une réforme du système de subventions énergétiques. L’objectif affiché est de mieux orienter les aides vers les ménages les plus vulnérables tout en réduisant progressivement leur coût pour l’État. Les autorités ambitionnent notamment de faire baisser le prix de l’électricité à l’horizon 2030.
La question sociale constitue également un axe majeur. Le gouvernement souhaite renforcer les mécanismes de protection sociale et porter à un million le nombre de ménages pauvres et vulnérables couverts par un filet social dès 2027. Dans le secteur du logement, l’exécutif vise la construction d’au moins 30 000 logements par an, alors que le déficit est estimé à environ 500 000 unités.
Sur le plan économique, plusieurs projets structurants ont été annoncés, notamment dans les secteurs du gaz, des mines, des transports, de l’eau et de la santé. Parmi eux figurent le développement du gisement gazier de Yakaar-Teranga, la construction d’un réseau gazier national, la modernisation de la raffinerie, le développement d’un hub minier à Kédougou et la réalisation de nouvelles infrastructures ferroviaires et hospitalières.
Al Aminou Lo a également évoqué plusieurs dossiers sensibles, notamment la révision de certains contrats miniers et pétroliers, les audits fonciers ainsi que les enquêtes portant sur les événements survenus entre 2021 et 2024.
En présentant cette feuille de route, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de mesurer l’action gouvernementale à travers ses résultats. Selon Apanews, il a annoncé la mise en place d’un suivi trimestriel de l’exécution des politiques publiques, avec l’objectif de renforcer l’efficacité et la responsabilité de l’administration.
Genèse MOUKAHA

