La Confédération des États du Sahel (AES) franchit une nouvelle étape dans la mise en place de ses institutions communes. La session inaugurale de son Parlement s’est ouverte lundi à Niamey, en présence du Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine. L’institution compte 45 députés, avec 15 représentants pour chacun des trois États membres : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le chef du gouvernement nigérien a présenté cette installation comme une étape importante dans le processus de consolidation de l’espace communautaire de l’AES. Selon lui, cette nouvelle institution doit contribuer à renforcer l’intégration entre les trois pays et à accompagner la construction d’un espace « souverain, solidaire et intégré ».
Créée en septembre 2023 avant de prendre la forme d’une Confédération en juillet 2024, l’AES entend développer une coopération renforcée dans plusieurs domaines, notamment la défense, la sécurité, la diplomatie et le développement économique et social.
Cette dynamique s’est déjà traduite par plusieurs initiatives communes. Sur le plan sécuritaire, les trois pays ont notamment mis en place une force unifiée d’environ 5 000 hommes destinée à renforcer la lutte contre le terrorisme. Sur le terrain économique, la Confédération s’est également dotée de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement, avec un capital initial annoncé de 500 milliards de francs CFA.
Les ambitions de l’AES concernent également le secteur de l’information et de la communication. Les trois États ont engagé la création de plusieurs médias communs, parmi lesquels AES TV, basée à Bamako, une radio confédérale installée au Burkina Faso et une agence d’information actuellement en cours de création à Niamey.
Avec l’installation de ce Parlement, les autorités de l’AES veulent désormais donner une dimension institutionnelle plus importante à leur projet commun. Les députés confédéraux seront appelés à se réunir en session, à examiner les grandes questions concernant la Confédération et à formuler des avis sur ses principales orientations.
Pour Niamey, cette première session constitue ainsi un nouveau jalon dans la construction progressive de l’AES, dont les dirigeants affichent la volonté de renforcer l’intégration politique, sécuritaire et économique du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Genèse MOUKAHA

