La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entend accélérer les préparatifs en vue de l’introduction de l’ECO, sa future monnaie commune, toujours annoncée pour 2027. L’organisation régionale estime que cet objectif reste atteignable, à condition d’intensifier les efforts des États membres.
Le 7 septembre 2026, le Conseil de convergence de la CEDEAO a tenu sa 14ᵉ réunion par visioconférence. Les échanges ont principalement porté sur la situation économique des pays membres, leur niveau de convergence et les conditions encore nécessaires à la création de la monnaie unique.
Cette rencontre faisait suite à plusieurs réunions techniques, dont celle des gouverneurs des banques centrales de la région, organisée le 4 septembre, ainsi qu’à une réunion conjointe des comités techniques consacrés aux politiques macroéconomiques et aux questions économiques et monétaires.
À l’issue de ces travaux, les participants ont conclu que la mise en circulation progressive de l’ECO à partir de 2027 demeure possible. Le Conseil de convergence a ainsi demandé à la Commission de la CEDEAO de réunir rapidement le groupe de travail présidentiel chargé du dossier afin de donner un nouvel élan au processus.
Cette accélération s’inscrit dans les décisions prises lors du sommet de Lungi, en Sierra Leone, le 19 juillet dernier. Les dirigeants ouest-africains avaient alors confirmé leur ambition de lancer l’ECO en 2027. Dans un premier temps, seuls les pays remplissant les critères de convergence devraient pouvoir intégrer le dispositif, tandis que les autres seraient accompagnés pour les rejoindre ultérieurement.
Le projet reste toutefois confronté à plusieurs difficultés. Les retards enregistrés dans la convergence économique des États membres avaient déjà suscité des inquiétudes lors du sommet d’Abuja en décembre 2025. Les chefs d’État avaient alors appelé les pays de la région à renforcer leurs politiques économiques et à relancer les travaux de la Task Force présidentielle consacrée à la monnaie unique.
Le Sénégal, qui assure actuellement la présidence de la CEDEAO, fait du dossier de l’ECO l’un des principaux chantiers de son mandat. Le président Bassirou Diomaye Faye a notamment évoqué cette question avec le général Birame Diop, appelé à diriger la Commission de l’organisation pour la période 2026-2030. Les discussions ont également porté sur les prélèvements communautaires et la libre circulation des personnes et des marchandises.
Apanews mentionne dans un article que le future monnaie devra par ailleurs composer avec la diversité des systèmes monétaires existant dans la région. Le franc CFA reste utilisé par les huit pays de l’UEMOA, tandis que d’autres États utilisent leurs propres devises, comme le naira au Nigeria, le cedi au Ghana ou encore le franc guinéen en Guinée.
Autre enjeu : le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO. Ces trois pays continuent d’utiliser le franc CFA au sein de l’UEMOA, mais leur éventuelle place dans le futur dispositif de l’ECO n’a pas encore été clairement définie.
Genèse MOUKAHA

