La 26ème édition de la Foire Internationale de Dakar (FIDAK) a ouvert ses portes au grand public le 16 décembre dernier. Si l’Egypte, pays d’honneur pour cette édition a répondu présent à travers ses différents stands, les artistes sénégalais, de leurs côtés ne lésinent pas sur les moyens pour impressionner et surprendre les invités du pays de la Teranga. Ces artistes ont également comme combat classer le Sénégal parmi les pays innovants en matière d’art.
Un assemblage de bois ? Quelles sont les parties de l’arbre qui ont été utilisés pour donner ce résultat ? Quelles formes ont ces meubles ? Pourquoi ce n’est-ce pas compréhensible à première vue ? Ce sont là, entre autres, les questions qui se faufilent dans notre tête. D’autres à la vue de ces objets qui sortent de l’ordinaire, froissent la mine de manière à comprendre du regard ce que représentent les meubles exposés. « Je travaille avec n’importe quel bois et je fais tous les meubles de la maison en passant par le lit, la rampe d’escaliers, salon, meubles déco et autres. Le bois que j’utilise le plus est l’Acacia (sans préciser le quel exactement). Je le trouve généralement à Kaffrine. Il m’arrive de ramasser des branches de bois à même le sol, ou de couper juste les branches d’un arbre. » Ces propos sont de Ibrahima Cissé.
Ancien immigré aux Etats-Unis, où il y a passé 20 ans, Ibrahima Cissé natif de la région de Kaffrine. Aux Etats-Unis, il a étudié de l’Art et Design en recyclage. C’est une fois rentré, que monsieur Cissé a décidé de mettre en pratique ses connaissances acquises en invitant toutes sortes de bois non travaillé à l’origine, précisément les branches. A propos des branches, l’artiste appelle tout un chacun à utiliser cette matière comme lui. « Si les gens appliquaient mon système qui consiste à couper uniquement les branches d’arbres, le problème de déforestation ne s’y poserait pas ».
En quatre ans d’expérience au Sénégal, Ibrahima s’est fait une clientèle tant au niveau international qu’au niveau national. Ses productions s’achètent à partir de trois cent mille. « Mes clients se trouvent en France, en Belgique et au Sénégal. Je vends mes créations à partir de 350 voire 450 mille. Tout dépend du nombre de place et de la complexité des meubles ».
L’expérience de sir Cissé est à retrouver également lors de grands rendez-vous. En effet, à l’occasion du dernier sommet de la Francophonie, il y avait exposé ses créations. Toutefois, il note de façon générale le manque d’engouement des populations. « Les gens ne s’intéressent pas trop au recyclage ici, au Sénégal».
S’agissant de la commodité de ces œuvres, il explique « pour les tables et les livings, il est prévu des entrées que j’ai insérées dans les meubles, par la suite, je taille les vitres en fonction de la forme du meuble ». Et pour les ficelles ? « J’utilise des cordes ordinaires et parfois du cuir que je coupe finement pour lui donner une forme de ficelle ».
Trouvé en train de procéder aux finitions d’un autre salon, qu’il sera exposé sous peu, l’artiste dit ne compter que sur les responsables de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Kaffrine. Ainsi, il a profité de l’occasion qui lui a été donnée pour lancer un appel à l’endroit du gouvernement sénégalais afin que ce dernier accorde une place de choix aux métiers de recyclage.



