La participation au référendum constitutionnel organisé dimanche en Guinée-Bissau pourrait dépasser les 55 %, selon une première estimation communiquée par la Commission nationale des élections (CNE).
À l’issue de la fermeture des bureaux de vote à 17 heures, le secrétaire exécutif de la CNE, Idriça Djaló, a indiqué que les données recueillies auprès des structures électorales régionales faisaient état d’une participation supérieure à 55 % des électeurs inscrits.
La mobilisation a toutefois varié selon les régions. Une forte affluence a notamment été signalée à Bafatá, Gabú et Oio, tandis que la participation était plus modérée dans plusieurs circonscriptions de Bissau et d’autres localités du pays.
Dans l’ensemble, le scrutin s’est déroulé dans un climat jugé calme par la commission électorale. Quelques difficultés logistiques et organisationnelles ont été signalées au cours de la journée, mais elles ont été progressivement réglées. Aucun incident majeur susceptible de perturber le vote n’a été rapporté par les autorités électorales.
Les forces de sécurité avaient été déployées à travers le pays afin d’assurer la protection des bureaux de vote, des électeurs, du personnel électoral et du matériel.
Avec la fermeture des bureaux, les opérations de dépouillement et de centralisation des résultats ont commencé. La CNE a par ailleurs appelé les différents acteurs à faire preuve de retenue et à ne pas diffuser de résultats non officiels avant l’annonce des chiffres définitifs. Ceux-ci pourraient être publiés dans un délai compris entre trois et sept jours.
Le référendum porte sur une nouvelle Constitution qui prévoit une importante réorganisation du système politique bissau-guinéen. Le projet entend notamment renforcer les prérogatives du président de la République et modifier les relations entre la présidence et le gouvernement.
La réforme prévoit également de réduire le nombre de députés, qui passerait de 102 à 65, ainsi qu’une réorganisation de plusieurs institutions politiques. Ses promoteurs estiment qu’elle pourrait contribuer à réduire les crises institutionnelles qui ont régulièrement marqué la vie politique du pays.
Le référendum intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, la Guinée-Bissau étant dirigée par un pouvoir militaire depuis le coup d’État de novembre 2025. L’opposition avait appelé au boycott du scrutin, contestant notamment la légitimité du processus et dénonçant un projet susceptible de renforcer excessivement les pouvoirs présidentiels.
L’enjeu dépasse donc la seule question constitutionnelle : le résultat du référendum pourrait peser sur la future organisation politique du pays et sur le processus de retour à un pouvoir civil, avec des élections générales annoncées pour décembre 2026.
Genèse MOUKAHA

