Ce vendredi 22 avril, les deux collectifs des enseignants décisionnaires présents dans le primaire et le moyen secondaire ont demandé leur reversement dans le corps des fonctionnaires, afin d’en finir avec ce statut ‘’dégradant et humiliant’’ consacré par une circulaire datant de 1967.
« Cette situation inconfortable, rabaissant, humiliante et dégradante a fini de décourager, démotiver, démoraliser près de 7000 enseignants décisionnaires qui sont de très loin dépassés en grade par un fonctionnaire qui a commencé en même temps que lui’’, a expliqué la coordonnatrice du Collectif des enseignants non fonctionnaires de l’Etat (CENFE), Fatou Ngom Cissé.
Elle explique qu’‘’il y a une catégorie d’enseignants, recrutés dans les mêmes conditions, ayant subi la même formation dans les mêmes CRFPE, étant ventilés dans les mêmes établissements, assujettis aux mêmes tâches mais qui ont un traitement différent sur le plan de leur carrière’’.
S’exprimant lors d’un point de presse, elle déclare que ces enseignants, recrutés généralement très jeunes, se retrouvent souvent frappés par la limite d’âge à cause de plusieurs paramètres indépendants de leur volonté. Parmi ces paramètres, elle a cité les lenteurs et lourdeurs administratives, les visites trop tardives des corps de contrôle, le système de quotas, la formation diplômante tardive à la Fastef et la non prise en compte de la date de recrutement, entre autres.
C’est pourquoi le coordonnateur du Collectif des enseignants décisionnaires du Sénégal (CEDS), Amadou Diène Camara, a demandé l’abrogation de la circulaire 009 avec effet rétroactif, afin que les décisionnaires puissent voyager avec leur ancienneté de 40% à l’élémentaire et de 30% au moyen-secondaire. Il appelle l’Etat à prendre les dispositions pour loger tous les enseignants au Fonds national de retraite (FNR).
Le Secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS) dont le siège a accueilli le point de presse, a insisté sur ‘’la précarité’’ dans laquelle se trouvent ces enseignants décisionnaires. ‘’Cette rencontre avec la presse est une interpellation sommative à l’endroit du gouvernement mais au-delà, tous les syndicats d’enseignants ont engagé les deux collectifs à davantage de mobilisation dans une dynamique unitaire et une synergie d’actions’’, a dit Amidou Diédhiou.
Pour le SG du SELS, ‘’la rencontre avec la presse est la dernière en termes de communication’’. Il annonce qu’’’il y aura des actions sur le terrain avec tous les syndicats d’enseignants du Sénégal’’.

