En présentant ses vœux le soir du mercredi 3 décembre, dialogues et révisions constitutionnelles ont été au cœur des souhaits du Président Faure Gnassingbé.
Pour la première fois depuis le début de la crise en septembre, le Président togolais s’est adressé à ses concitoyens en direct à la télévision nationale.
« Le dialogue doit rester la voie privilégiée de résolution des désaccords entre les acteurs politiques », a-t-il déclaré à la télévision nationale, en insistant sur son projet de révision de la constitution.
« Le Togo mérite que chacun d’entre nous donne le meilleur, a-t-il poursuivi. Et le meilleur en mon sens, c’est de valoriser, entretenir et préserver les acquis, puis d’œuvrer à améliorer l’existence en opérant les réformes qui s’imposent dans le respect des principes de l’Etat de droit et de la démocratie. C’est dans cette optique, que j’ai pris au mois de septembre dernier avec le gouvernement l’initiative de proposer à la représentation nationale une révision de la Constitution, qui limite désormais à deux le nombre des mandats présidentiels et législatifs, et qui introduit, pour l’élection du Président de la République, un mode de scrutin uninominal à deux tours. Conformément à notre loi fondamentale, c’est maintenant au peuple togolais tout entier, seul détenteur de la souveraineté nationale, qu’il appartient de se prononcer librement. Dans l’Etat de droit que nous construisons, nous ne pouvons pas prétendre substituer des voix plus autorisées au suffrage universel. »
« Je n’ai aucun doute qu’aujourd’hui encore, nous sommes capables d’explorer toutes les voies de la concertation et des échanges d’idées, de dépasser les griefs », a-t-il indiqué, sans annoncer la date des discussions, ni du référendum.
Après 5 mois de contestations populaires pour demander sa démission, menées par 14 partis d’opposition, le parlement souhaite soumettre au peuple un projet de révision de la constitution qui prévoit une limitation à deux le nombre de mandats présidentiels.
Au total 16 personnes, dont des adolescents et deux militaires lynchés par la foule, ont été tuées depuis le début des manifestations, selon des sources officielles.
Des édifices publics et des résidences privées appartenant notamment à des proches du pouvoir ont été saccagés et incendiés.

