Les États-Unis ont exprimé de sérieux doutes concernant le retrait annoncé des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) de la ville d’Uvira, située dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon Washington, cette annonce ne reflète pas la réalité observée sur le terrain.
Un responsable américain a indiqué que, malgré des informations faisant état d’un retrait partiel, les combattants du M23 resteraient toujours présents dans certains secteurs ou aux abords immédiats de la ville. Pour les autorités américaines, il ne s’agit donc pas d’un désengagement total, condition pourtant essentielle à une désescalade durable.
Sur place, la situation demeure confuse et tendue. Des habitants font état de coups de feu sporadiques, notamment dans le quartier de Kalundu. Certains témoignages évoquent la présence d’hommes armés vêtus d’uniformes similaires à ceux des forces de sécurité, compliquant l’identification des groupes impliqués dans les violences. L’armée congolaise et le M23 se rejettent mutuellement la responsabilité des affrontements.
Le journal d’Afrique News souligne que cette instabilité persistante aggrave la crise humanitaire dans la province du Sud-Kivu. Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers ces dernières semaines, tandis que des dizaines de milliers d’autres ont trouvé refuge au Burundi voisin, selon les Nations unies.
Alors que des discussions sont engagées à l’étranger pour tenter de ramener le calme, la communauté internationale continue d’appeler à un retrait effectif et vérifiable du M23, préalable indispensable à toute solution politique durable dans l’est de la RDC.
Les relations entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) restent marquées par une forte ambiguïté, oscillant entre rupture politique assumée et collaboration pragmatique sur des dossiers jugés stratégiques.
Depuis leur retrait officiel de la Cédéao, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affirment vouloir redéfinir leurs rapports avec l’organisation sous-régionale, sans pour autant rompre totalement les cadres de coopération existants. Une posture qui traduit la volonté des autorités sahéliennes de préserver certains mécanismes techniques indispensables à la stabilité économique et sécuritaire.
D’après les détails de l’agence de presse africaine, cette approche se matérialise notamment par la poursuite de la collaboration au sein d’institutions régionales spécialisées, telles que le GIABA, chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les pays de l’AES continuent également de bénéficier des mécanismes de financement de la Banque d’Investissement et de Développement de la Cédéao, malgré leur statut désormais extérieur à l’organisation.
Sur le plan diplomatique, les dirigeants de l’AES ont validé les conclusions des consultations engagées avec la Cédéao, confirmant ainsi leur volonté de maintenir un dialogue institutionnel, même limité, avec l’organisation ouest-africaine.
Toutefois, les tensions restent palpables. Des incidents diplomatiques récents, notamment entre le Nigeria et le Burkina Faso, ont rappelé la fragilité des relations régionales et la persistance de méfiances politiques profondes.
À l’inverse, certaines coopérations bilatérales résistent aux crispations régionales. Les relations entre le Sénégal et le Mali, par exemple, continuent de s’articuler autour de la sécurité et des échanges économiques, démontrant que le pragmatisme l’emporte parfois sur les divergences politiques.
En définitive, les rapports entre l’AES et la Cédéao s’inscrivent dans une dynamique hybride, faite de rupture institutionnelle mais de coopération sélective, dictée par les réalités sécuritaires et économiques de la région ouest-africaine.
Genèse MOUKAHA

