Les relations entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) restent marquées par une forte ambiguïté, oscillant entre rupture politique assumée et collaboration pragmatique sur des dossiers jugés stratégiques.
Depuis leur retrait officiel de la Cédéao, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affirment vouloir redéfinir leurs rapports avec l’organisation sous-régionale, sans pour autant rompre totalement les cadres de coopération existants. Une posture qui traduit la volonté des autorités sahéliennes de préserver certains mécanismes techniques indispensables à la stabilité économique et sécuritaire.
Genèse MOUKAHA
D’après les détails de l’agence de presse africaine, cette approche se matérialise notamment par la poursuite de la collaboration au sein d’institutions régionales spécialisées, telles que le GIABA, chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les pays de l’AES continuent également de bénéficier des mécanismes de financement de la Banque d’Investissement et de Développement de la Cédéao, malgré leur statut désormais extérieur à l’organisation.
Sur le plan diplomatique, les dirigeants de l’AES ont validé les conclusions des consultations engagées avec la Cédéao, confirmant ainsi leur volonté de maintenir un dialogue institutionnel, même limité, avec l’organisation ouest-africaine.
Toutefois, les tensions restent palpables. Des incidents diplomatiques récents, notamment entre le Nigeria et le Burkina Faso, ont rappelé la fragilité des relations régionales et la persistance de méfiances politiques profondes.
À l’inverse, certaines coopérations bilatérales résistent aux crispations régionales. Les relations entre le Sénégal et le Mali, par exemple, continuent de s’articuler autour de la sécurité et des échanges économiques, démontrant que le pragmatisme l’emporte parfois sur les divergences politiques.
En définitive, les rapports entre l’AES et la Cédéao s’inscrivent dans une dynamique hybride, faite de rupture institutionnelle mais de coopération sélective, dictée par les réalités sécuritaires et économiques de la région ouest-africaine.

