Plusieurs ministres africains du Pétrole ont décidé de boycotter le Sommet des énergies africaines, prévu du 12 au 14 mai 2026 à Londres. Cette décision traduit un mécontentement croissant concernant la place accordée aux acteurs africains et la prise en compte des priorités du continent dans ce type de rencontres.
À travers cette position, les pays producteurs d’hydrocarbures veulent envoyer un message clair : le développement du secteur énergétique africain doit impérativement s’appuyer sur le contenu local. Autrement dit, les projets doivent favoriser l’emploi, les compétences et les entreprises africaines, tout en contribuant à l’industrialisation du continent.
Le sommet, organisé par Frontier Energy Network, est critiqué pour son manque d’inclusivité et une représentation jugée insuffisante des professionnels africains. Plusieurs acteurs du secteur estiment que les discussions autour de l’énergie africaine ne peuvent être crédibles sans une implication réelle des Africains dans les prises de décision.
Pour la Chambre africaine de l’énergie, ce boycott constitue un signal fort adressé à l’industrie. Son président exécutif, NJ Ayuk, plaide pour des pratiques plus équitables, soulignant que le contenu local ne doit pas rester un simple discours, mais se traduire concrètement par des opportunités d’emploi, de formation et de leadership pour les Africains.
Sur le continent, plusieurs pays ont déjà intégré cette approche dans leurs politiques énergétiques. Des cadres réglementaires, notamment au Nigeria ou en Angola, ont permis de renforcer la participation des entreprises locales et de stimuler la création d’emplois.
Des projets comme le champ gazier Greater Tortue Ahmeyim, à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie, illustrent cette dynamique en mettant en avant la formation, l’emploi local et l’implication des fournisseurs africains.
Au-delà de ce sommet, ce boycott reflète une tendance plus large : celle d’une Afrique qui cherche à mieux défendre ses intérêts et à imposer une vision plus inclusive de son développement énergétique. Les pays concernés se disent toutefois ouverts au dialogue, à condition que leurs préoccupations soient réellement prises en compte.
Genèse MOUKAHA

