De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
C’est un chiffre qui révèle à lui seul l’ampleur du problème de la violence sexuelle dans notre pays. La situation reste alarmante et s’aggrave. A Ziguinchor (sud) les femmes et les jeunes filles subissent des cas de viols malgré le renforcement de la législation, c’est le constat de l’Association des Juristes du Sénégal.
Au moins vingt-huit (28) cas de viols ont été recensés dans la région de Ziguinchor de janvier à décembre 2023 par la ‘’Boutique de Droit’’ de l’Association de Juristes Sénégalaises (AJS). La révélation est faite dimanche 10 décembre 2023 par Mme Ndèye Astou Goudiaby Coly. La coordinatrice de la » Boutique de droit » de l’Association des Juristes Sénégalaises s’exprimait au sortir de la cérémonie de clôture de s « 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre à l’égard des femmes et des filles ».
En effet, selon madame Coly, « entre janvier et le 25 novembre 2023, la Boutique de Droit que je coordonne a reçu 212 cas de violences faites aux filles et aux femmes ». Ces violences sont classées par catégories à savoir des violences dites physiques, psychologiques, économiques et sexuelles.

Selon elle, « pour les violences physiques, nous avons recensé 74 cas, pour les violences psychologiques nous avons recensé 54 cas, pour les violences économiques nous avons recensé 74 cas et pour les violences sexuelles nous en avons 18, et cela, c’est de janvier au 25 novembre 2023 ».
Et d’ajouter : « toutefois hier (le 09 décembre 2023, Ndlr), on m’a encore remis une liste de 10 cas de viols perpétrés sur des femmes et des filles ». Cela porte le nombre total à 222 cas de violences signalées faites aux filles et aux femmes dans la région de Ziguinchor. C’est dire alors que, selon elle, « aujourd’hui on peut retenir qu’on a 28 cas de viols dans la région de Ziguinchor ».
Parlant des mesures à prendre pour éradiquer ces violences ou, à la rigueur, les diminuer drastiquement, Mme Coly a déclaré qu’elles étaient « nombreuses ; à commencer par la prévention qu’il faudrait continuer parce que mieux vaut prévenir que guérir ; il y a aussi la prise en charge holistique des cas de violences déjà enregistrées, laquelle devrait se faire par les structures de la société civile et de l’Etat qui sont dans la région de Ziguinchor ».

A l’en croire, « il existe toutefois des contraintes qui nous empêchent d’atteindre nos objectifs et de mettre fin à ces violences ; j’en veux pour preuve un des cas que nous avons reçu au mois de septembre et qui n’a pas pu aller jusqu’au bout à cause de l’intervention d’une Honorable (élue du Peuple, Ndlr) qui a convaincu la victime, qui était pourtant déterminée à faire le nécessaire, de retirer la plainte ».
La coordinatrice de la « Boutique de Droit » ne désespère pas de voir, malgré tout, l’action publique se poursuivre concernant cette affaire puisque, selon elle, « le désistement n’éteint pas l’action publique, le procureur qui est maître des poursuites a le devoir de poursuivre l’auteur de ces faits et de le condamner parce que les actes qu’il a commis troublent l’ordre public ».
Les femmes réclament des Assises Nationales
Dans un autre registre, Madame Aissatou DIALLO, chargée de projet au Comité Régional de Solidarité des Femmes pour la paix en Casamance (CRSFPC, USOFORAL) a, dans une interview accordée à la presse au sortir de la même manifestation conclusive des « 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre à l’égard des femmes et des filles », indiqué qu’il y a été question, pour les femmes de la région de Ziguinchor, de « demander à l’Etat, qui fait déjà beaucoup d’effort, de faire des violences faites aux femmes et aux filles, une préoccupation nationale et qu’il y ait des assises nationales sur ces violences ».
Les « 16 jours d’activisme » auront duré du 25 novembre au 10 décembre 2023 dans la région de Ziguinchor.

