De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Une cinquantaine d’élus locaux, d’acteurs d’organisations citoyennes et communautaires de base, a été formée sur le suivi budgétaire. Un atelier que les collectivités territoriales du département de Saint Louis ont saisi pour dénoncer le manque de ressources financières pour se développer et bien gérer leurs communes.
Pourtant les réformes de l’Acte III de la décentralisation ont induit un transfert de neuf (09) domaines de compétences de l’État central vers les collectivités territoriales qui, tel que prévu par la loi, doit être consolidé par un transfert de ressources. Pour Elimane Aly Kane, président de Legs Africa, l’horizon 2025 était perçu comme le moment où on devrait avoir des communes fortes, viables et durables. “ Malheureusement, on constate que seul 1,7% de la totalité des transferts sont faits à partir du budget national vers ceux de toutes les communes du Sénégal qui sont au nombre de 600. Les ressources naturelles produisent une valeur ajoutée et une plus-value qui n’ont pas encore reussi de manière significative à aider les collectivités territoriales. A titre d’exemple, le fond d’appui au développement local où les entreprises qui exploitent les ressources devraient donner au moins 0,5 % de leurs chiffres d’affaire aux collectivités territoriales directement impactés par leur exploitation. Mais l’écrasante majorité de ces entreprises ne respectent pas cette disposition et les collectivités territoriales en pâtissent dans la mobilisation de leur budget. Donc l’objectif de cette formation, c’est de permettre que plus de ressources soient transférées vers les collectivités territoriales ” a déclaré Elimane Haby Kane en marge de l’atelier.
Signalant que la compatibilité entre le niveau de mobilisation des ressources et les besoins en termes d’investissements et d’équité sociale et territoriale demeure un défi majeur. Il est accentué, a-t-il expliqué, par les failles constatées dans les mécanismes d’orientation et de transfert budgétaires vers les collectivités territoriales, notamment celles qui sont impactées par les activités extractives.“Les textes sont silencieux dans les secteurs gazier et pétrolier. Il n’est absolument rien prévu pour un retour de ressources vers les collectivités territoriales impactées” a regretté M. Kane.
Les ressources transférées aux collectivités jugées faibles
C’est dans ce contexte qu’un cadre de concertation multi-acteurs a été mis en place pour mieux faire valoir leurs droits dans les retombées des ressources extractives du département. Pour l’expert en décentralisation, Thiamba Seck, ce système d’analyse et de suivi budgétaire par rapport au transfert et a la redistribution des ressources naturelles exploités surtout aux structures sociales de base est venu à son heure. “ On espère que l’Etat va accompagner davantage parce que les ressources sont rarissimes dans les collectivités territoriales. . Si on compare le budget de l’Etat par rapport aux budgets des 601 collectivités territoriales, on note que c’est trés faible et très difficile. Raison pour laquelle, nous trouvons toute la pertinence de la mise en place de ce cadre de concertation pour se développer. Pour tirer ensemble dans la même direction du développement, tous ceux qui sont concernés doivent ce concerter. Ce cadre sera un appui permanent pour le développement de nos territoires et de nos terroirs” a soutenu l’ancien député Thiamba Seck.
Revenant sur l’importance de la formation, Aida Mbaye Dieng, adjointe au maire de la commune de Saint Louis a salué l’initiative de Legs Africa, l’Usaid et l’Urac. “ Le code en son article 12 stipule que les élus ont droit à une formation adaptée à leur fonction. Donc la formation doit être permanente. Au sortir de cet l’atelier de cinq jours, les acteurs détiennent aujourd’hui les fondamentaux du budget et de la transparence budgétaire et c’est un aspect très important. Nous avons été outillés sur le suivi budgétaire, mais également comment faire bénéficier les collectivités territoriales du département de Saint Louis des retombées financières de l’exploitation du gaz. La formation nous a permis de voir ce qui existe et ce que nous devons avoir pour rendre nos collectivités territoriales viables pour assurer le bien-être de nos populations” a signalé Aida Mbaye Dieng.

