Le décret présidentiel portant nomination des nouveaux membres de la commission électorale nationale autonome(CENA) à quelques mois de la présidentielle de février 2024, a été au menu des débats, lors de la 51e session du Conseil de media et de sécurité. Ce changement estime la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pourrait être à l’opposé de son protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance mais également l’esprit dudit protocole qui exige une indépendance et une neutralité aux organes chargé d’organiser les élections.
Dans le même sillage, la commission de l’organisation sous-régionale dit avoir informé le conseil que le chef de l’État du Sénégal a remplacé par décret l’ensemble des 12 membres de la CENA après que celle-ci a demandé à la direction générale des élections de réintégrer Ousmane Sonko comme candidat à l’élection présidentielle.
À cet effet, ladite commission considère que « ce remplacement des membres de la CENA, moins de quatre mois avant l’élection présidentielle, pourrait être contraire au protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance ». En effet, l’article 2(1) dudit protocole dispose « Aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédant les élections, sans le consentement d’une majorité des acteurs politiques ».
De même, la commission indique que ce changement des membres de la CENA pourrait également être « paradoxale » à l’esprit de l’article 3 du protocole de la CEDEAO qui dispose « les organes chargés d’organiser les élections doivent être indépendants et/ou neutres et avoir la confiance de tous les acteurs et protagonistes de la vie politique ». C’est au regard de tous ces éléments que la commission en charge d’examiner les questions relatives à la paix et à la sécurité a tenu à exposer ses craintes suite au changement opéré à la CENA. Cependant, la commission a mentionné dans son rapport que les autorités sénégalaises avaient soutenu, lors de la visite de la mission d’information préélectorale de la CEDEAO au Sénégal en fin novembre, « qu’aucune loi électorale n’avait été modifiée par la nomination d’un nouveau membre de la CENA et que le mandat des membres remplacés avait expiré depuis longtemps ».

