Une nouvelle journée sous tension au Burkina Faso, ce samedi. Des incidents ont éclaté dans plusieurs quartiers de Ouagadougou samedi 27 novembre faisant au moins trois blessés, un enfant et deux journalistes, après la dispersion de centaines de manifestants dénonçant l' »incapacité » du pouvoir à contrer la violence jihadiste.
Dans la matinée, les policiers anti-émeutes ont tiré du gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants de se rassembler place de la Nation, dans le centre de la capitale burkinabè quadrillé par un important dispositif de sécurité et où tous les commerces étaient fermés, a constaté un journaliste de l’AFP.
Après cette dispersion musclée, des jeunes ont dressé des barricades de fortune et brûlé des pneus dans plusieurs quartiers de la capitale.
Des manifestants ont également vandalisé une partie de la direction de l’état civil, après avoir tenté d’incendier le bâtiment de la mairie de Ouagadougou, dont le maire avait interdit les manifestations.
Au cours de ces violences, un enfant de moins de 10 ans a été blessé par des tirs de gaz lacrymogène et remis par les manifestants à une unité anti-émeute de la gendarmerie, a constaté l’AFP.
Deux journalistes burkinabè ont également été blessés lors de tirs de gaz lacrymogène, ont annoncé leurs médias, la radio privée Omega et le site en ligne Filinfos sans qu’on sache la gravité de leurs blessures.
Ces rassemblements de Burkinabè, qui souhaitaient dénoncer « l’incapacité » du président Roch Marc Christian Kaboré à faire face à la violence jihadiste qui ravage le Burkina, avait été interdit par la mairie de Ouagadougou.
« On était sortis pour une marche pacifique, mais la réaction des forces de l’ordre a mis le feu aux poudres, nous obligeant à ériger des barricades », a déclaré un des manifestants, ajoutant: « on ne veut pas brûler le pays qui est déjà en guerre, mais face à la barbarie, on va se défendre ».
Le 16 novembre dernier, à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, la population est descendue dans la rue pour réclamer la démission du président Roch Marc Christian Kaboré, face à la dégradation de la situation sécuritaire du Burkina Faso. L’attaque contre des gendarmes à Inata le 14 novembre, où 57 personnes dont 54 militaires, ont été tuées, a été vécue comme une humiliation dans le pays. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre les forces de défense depuis six ans, affirme l’AFP. Si l’action du président est de plus en plus décriée, le sentiment d’impuissance s’est reporté contre la présence de l’armée française jugée au minimum incapable, voire pire complice, des terroristes. Ainsi l’odyssée d’un convoi militaire français lors de la traversée du pays est révélatrice de l’état d’esprit d’une partie de la population.

