Ses belles envolées lyriques sont dédiées à Dieu et à des érudits de l’islam comme son guide Cheikh Ibrahima Niass « Baye ». Madiarra Niane est devenu incontournable dans le zikr. Il fait chavirer les cœurs des fidèles de la fayda en interprétant les écrits du fondateur de la Fayda Tidjaniya. Dans une interview à bâton rompu, Madiarra Niane, chanteur religieux revient sur ses débuts, son parcours et décline ses ambitions…Entretien avec notre confrère Dame DIOP, autour d’un success story.
Sa voix veloutée le distingue du commun. Quand il chante, c’est un silence plat l’on observe dans l’assistance. Son style accroche. Petit frère du célèbre chanteur religieux Oustaz Oumar Taabibi Niane, Madiarra suit les traces de son mentor. Taille moyenne, visage gracieux rehaussé par un collier de barbe. Auréolé de succès, celui que ses admirateurs appellent Diarra par affection est, très flegmatique. Il fait focus sur sa carrière.
Le natif de Kaolack, Médina Baye cité religieuse est actuellement le chanteur attitré de la Fayda Tidiania
Je suis un jeune chanteur religieux qui habite à Kaolack ( Medina Baye ). Ce qui me lie avec le zikr est une longue histoire. A vrai dire pour ceux qui me connaissent, j’étais un talentueux footballeur. Mais après avoir décroché mon bac, j’ai fait direction Dakar. Chez mon grand frère chanteur religieux Oumar Niane, je chantonnais ses morceaux à chaque fois. Parce-que j’avais la facilité de prononcer les termes arabes. On a eu la chance d’avoir aussi un père extraordinaire quand-même. Il nous a appris comment magner la langue arabe. Je me rappelle, à l’Université quand nous avions des programmes religieux. C’est moi qui assurais les séances de récital de coran. Parce-que j’avais une belle voix accrochant.
Comment vous est venu l’idée de faire le zikr ?
Justement. Un jour dans les rangs, je chantais « Mabalou », l’un des poèmes très apprécié par les condisciples. Et notre Guide spirituel, Sangue Barhamou Ndiaye m’a entendu. Il m’a appelé, puis m’a dit : »mais toi, tu chantes bien et puis tu as une belle voix. Désormais tu vas le faire comme tes frères chanteurs ». Et là, commençait une autre histoire. Depuis lors, à chaque fois il m’appelait à ses côtés, m’écoutant chanter. Et moi cela me faisait beaucoup plaisir. Ce qui m’a aussi poussé à fournir plus d’efforts. C’était en 2014, je pense à Medina Baye Mawlud international. Dans un public médusé, je chantais un poème de Baye Niass sur le prophète. C’était juste impressionnant. Ce jour mon guide était trop content.
Quelle touche vous avez apporté pour se singulariser des autres chanteurs religieux de la Fayda?
Je peux dire que j’ai rénové le type de poème que l’on appel « lamiya ». Avec mon style accrochant dit-on, je parviens à faire des merveilles. C’est même remarquable. Quand je chante tout le monde m’écoute, on attend même pas le moindre bruit .C’est un don divin .Et voyez vous je suis aimé par tous les tarikhas (confrérie).
Mais votre dernier clip « Al Isra’u » a cartonné. Sur YouTube, il répertorie plus de 100 mille vues. De quoi parle-t-on dans cette chanson ?
Effectivement, ce clip a beaucoup joué sur ma carrière. J’ai fait 6 singles. Mais celui là, tout le monde me dit Diarra cette chanson devait t’offrir le Tube de l’année. Mais c’est normal. Ce poème parle du voyage nocturne du Prophète Muhammad (Psl),je trouve judicieux qu’il cartonne ainsi .Et le clip est bien réalisé. Dans cette chanson, Baye Niass explique le voyage nocturne de notre bien-aimé du début jusqu’à la fin. Et ça touche la sensibilité, même si l’on ignore ce que dit le poème.
Vous avez parlé de la beauté du clip. Vous y êtes allé avec un fonds propre, ou il y a des gens qui sont justement derrière toi ?
Je remercie le seigneur. Je suis vendeur pharmacien. Avec mes modiques moyens, je ne pourrais pas le réussir seul. Je fais partie de ces artistes qui ont la chance d’avoir des fans extraordinaires. Pour réaliser un clip ou un single, c’est eux qui cotisent. Chacun donne 1000 FCFA. Avec cet argent je réalise mes chansons.
Mais souhaitez vous voyager, comme le fait votre frère Oumar Niane, qui aujourd’hui, est connu de partout grâce à sa voix mélodique.
Bien-sûr ! Il est mon idole. Avant d’avoir mon propre style, je l’imitais beaucoup. Donc voyager comme lui me fera beaucoup de bien. Les centaines de millions de d’adeptes de Baye Niass à travers le monde doivent connaître Madiarra Niane. Il y a certains qui écoutent mes chansons, mais ils ne me connaissent pas physiquement. Et cela il faut beaucoup voyager pour se faire connaître.
Comment alliez vous travail et zikr ?
Oui parfois c’est difficile. Parce-que à la descente pour certains jours je suis tellement abattu. Je n’arrive même pas à m’inspirer .Mais on y va avec passion ,du coup avec peu d’effort ça passe .Je ne vous ai pas tout dit. Je suis tailleur en même temps pour ceux qui ne le savaient .Mes activités sont triangulaires. Je fais du zikr, je suis vendeur en pharmacie et je suis tailleur également.
Jeune chanteur religieux à l’avenir prometteur, quelles sont les relations que vous entretenez avec la jeune génération de chanteurs religieux?
Nous sommes toujours ensemble. Au magasin comme au hadara. Parfois on se rencontre dans les programme autour de la même table .On a de bonnes relations. On se parle comme des frères .Vous avez peut-être regardé le clip « Nûrûhû », différents artistes y ont participé. Cela montre la familiarité qu’il y a entre nous.
Maintenant quels sont vos souhaits à l’avenir ?
Comme tout bon artiste. J’aimerai amenez mon style hors des frontières sénégalaises. J’y travaille sans relâche. Et je crois un jour je réaliserai ce rêve avec l’appui de tous les sénégalais.

