L’hivernage est une aubaine pour Ndialla Dione ,enseignant à l’école primaire de Tanguiss, localité située à quelques kilomètres du campement Nguékokh. Comme chaque année, cet enseignant/agriculteur attend avec impatience le moment propice où il s’adonne enfin à son activité phare.
C’est un reportage de Dame Diop
C’est partie pour son marathon annuel. Dione Ndialla est aux anges. Le ciel a ouvert ses vannes, la saison des pluies s’est installée. « Il n’y a pas plus grand plaisir de voir le sol mouillé. La saison des pluies est ma préférée « ,fantasme Dione Ndialla, comme on l’appelle affectueusement au village.
Ce matin, Ndialla n’est pas allé aux champs ,à cause des pluies orageuses. Une journée à moitié perdue,mais rattrapée avec ses neveux et fils . » J’ai été contraint par les précipitations .Mais il y a d’autres activités à la maison. Par Exemple, ces cachots là, indique-t-il, sont remplis de gombos en phase finale « .
Qu’allez-vous en faire ?Lui lance-t-on
« Amène moi une chaise,crie-t-il. Qui est là ?
À ces mots, l’un de ses neveux se présente avec une chaise. Quelques instants après, les autres le rejoignent.
« Triez dans ces cachots ,leur ordonne-t-il. Ces gombos ont atteint la phase finale. On ne peut plus les utiliser. Ce qu’il y a à faire, c’est de les hacher, les sécher pour ensuite, les transformer en poudre », explique-t-il,avant de rajouter : » Les cuisinières connaissent l’utilité de la poudre de gombo utilisée pour le « soulouhou »(un plat sénégalais à base de poudre de gombo). C’est délicieux « ,dit-il tout souriant.

Le gombo n’est pas le seul légume que cultive Ndialla Dione. Il y a aussi, L’Oseille de Guinée (bissap), l’aubergine, le manioc pour n’en citer que ceux-ci.
Direction les champs, à près de cinq kilomètres de la maison de l’instituteur, soit 2 heures de temps à pieds, si l’on effectue des raccourcis.
L’horloge affiche 11h40 à Diora, espace aménagé, autrefois pour l’agriculture mais qui aujourd’hui a complètement changé. Des constructions en font, le décor. Les chants des oiseaux se mêlent au bruit des feuilles des arbres bougeant au gré du vent, les fleurs colorent la nature, les animaux broutent ,et le soleil darde ses rayons. La qualité de l’air est appréciable!
Pourquoi avez vous choisi cet endroit ? Cette maison vous appartient-elle ?
« En effet, répond-il. J’ai toujours aimé la nature, avant même que je ne devienne enseignant. Je suis par ailleurs attesté en agropasteur .C’est mon domaine de prédilection. J’ai fait une formation de 9 mois internés dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage . »
Outre sa profession (instituteur), Ndialla est un puits de sciences. Il a, la maîtrise de la verdure. Dans son vaste champs ,des papayers, manguiers ,goyaviers entre autres s’étendent unanimement .Mais, le jeune instituteur déplore le manque de soutien ,de la part des autorités locales.

» J’aurais aimé avoir plus d’espaces pour mener à bien mes activités. Mais l’attribution de terre fait défaut. C’est lamentable « ,se désole-t-il .
Comment alternez vous enseignement et agriculture?
» Facile !réplique-t-il avec véhémence. Il faut juste savoir que je suis un passionné et très rigoureux. Ma première expérience, je l’ai faite à l’école primaire de Tanguiss. J’avais mis en place un jardin scolaire. On y cultivait de la salade ,du piment et d’autres produits. Aussi, je viens de valider mon Certificat d’aptitude professionnelle cette année. »,se réjouit Ndialla Dione.

