De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Les vingt-cinq (25) détenus dans le cadre de l’enquête ouverte suite au massacre de quatorze (14) exploitants forestiers il y a plus de 3 ans dans la forêt du Bayotte-Est, communément appelée Boffa BAYOTTE, ont entamé ce lundi matin 19 avril 2021 une grève de la fin.
Ils exigent leur « jugement pour être fixés sur [leur] sort ou [leur] mise en liberté provisoire ».
Cette information est confirmée par l’épouse du journaliste René Capin Bassène et par la grande-sœur et l’épouse d’Oumar Ampoye Bodian, qui, en compagnie de plusieurs autres familles et proches desdits détenus, se sont donnés rendez-vous ce lundi matin, 19 avril 2021, devant la Maison d’Arrêt et de Correction de Ziguinchor pour leur apporter leur soutien moral.
Selon elles, »ce sont les 25 personnes interpellées qui ont entamé la grève de la faim aujourd’hui » A en croire Odette Coly, épouse du journaliste René Capin Bassène, » c’est une grève illimitée qui prendra fin le jour où ils seront fixés sur le jour de leur procès ou le jour de leur mise en liberté provisoire car cela fait plus de 3 ans 4 mois qu’ils sont entre les mains de l’État, certains ne savent même pas ce qu’ils ont fait pour être en prison ».
Pour elle, » tout ce qui leur arrivera sera de la responsabilité de l’État que nous invitons à organiser un procès équitable et diligent pour nos parents et époux ».
Madame Bassène a d’autre part »lancé un appel aux organisations de société civile et des droits de l’homme nationales et internationales pour le respect des droits de nos proches ».
Mme Bintou Biagui, la maman d’Oumar Ampoye Bodian, un membre de l’aile politique du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), visiblement dans tous ses états, »exige la libération immédiate de mon fils qui est gardé en prison comme un animal sans aucune information sur un éventuel procès, or ce procès lui permettra de s’exprimer et dire ce que tout le monde sait déjà, a savoir qu’il n’est pas un criminel ».
Pour rappel, le 6 janvier 2018, 14 exploitants forestiers ont été abattus de sang froid par des malfaiteurs supposés appartenir au MFDC. Plusieurs arrestations s’en sont suivies. Aucun procès n’est encore ouvert.

