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Paiements électroniques : 9/10 travailleurs sont payés en espèces et exclus de toute assurance maladie au Sénégal (Rapport)

Les travailleurs temporaires sont largement favorables aux paiements électroniques qui stimuleraient également la production et la consommation à l’échelle nationale. C’est ce qu’atteste un rapport rendu publié ce lundi 19 avril.

Cette étude a été réalisée en support aux actions de numérisation des paiements de l’Etat du Sénégal, renseigne-un communiqué.

Il précise qu’elle résulte d’une étroite collaboration entre la coalition onusienne Better Than Cash Alliance, la Banque mondiale et l’Agence nationale de la statistique et de la démographie du Sénégal (ANSD).

Les données ont été collectées auprès de 300 entreprises de toutes tailles, opérant dans 19 secteurs économiques et dans 14 régions. ’’Au Sénégal, 9 travailleurs sur 10 sont payés en espèces et exclus de toute assurance maladie. Ce sont surtout des temporaires. Cette situation offre de réelles opportunités d’innovation financière et d’inclusion sociale », indique-le communiqué.
Il relève que ’’77% des travailleurs temporaires interrogés seraient prêts à accepter des paiements électroniques si cela leur donnait accès à une assurance maladie ou d’autres services à forte valeur ajoutée’’.
Selon le communiqué, ’’le paiement électronique stimule la production et la consommation à l’échelle nationale’’. Par exemple, ’’si 50% des temporaires sénégalais étaient payés sur un compte bancaire ou mobile, cela ajouterait plus de 45 milliards de francs CFA additionnels au PIB par an (environ 80 millions de dollars USD)’’, note-t-il.
Le paiement électronique des travailleurs « ouvre des perspectives supplémentaires dans de nombreux domaines, accélère l’inclusion digitale et financière de la population, accroît la compétitivité pour les entreprises, augmente la liquidité pour le système financier ».

Pour ’’débloquer l’ensemble de ces potentiels’’, l’Agence de développement des PME (ADPME) va renforcer son fonds d’appui aux PME grâce à un apport additionnel de la Banque mondiale de 20 millions de dollars (environ 11 milliards de francs CFA).

Ces fonds visent à renforcer les initiatives de numérisation des PME, y compris pour soutenir les projets de paiement électronique des travailleurs.

Le communiqué, citant l’Organisation internationale du travail (OIT), relève qu’à l’échelle mondiale, « au moins 61 % des travailleurs sont dans l’informel sans aucune assurance adéquate ».
« En fonction des pays, constate le rapport, il n’existe pas toujours d’obligation légale pour que les employeurs cotisent à une quelconque assurance pour leurs travailleurs informels-non salariés (…)’’.
Pour ’’relever ce challenge d’inclusion’’, l’Agence nationale de la couverture maladie universelle du Sénégal « a déployé une ambitieuse plateforme de paiements digitaux ».
Cette Agence ’’a noué des partenariats avec des fintechs et les entreprises privées, pour associer l’accès à la CMU aux paiements numériques – avec un ciblage spécifique pour les femmes », signale le communiqué. Il indique que « ce sont ainsi plus de 200.000 travailleurs qui accéderont désormais à des soins de santé de qualité subventionnés par l’État sénégalais’’.
Le rapport note que ’’si 81 % des entreprises nationales ont moins de 20 salariés, elles emploient en moyenne des centaines voire des milliers de travailleurs temporaires dans leurs chaines d’approvisionnements’’.
’’Les salariés sont généralement bancarisés, mais 93 % des contrats précaires sont payés en espèces. Ce sont ces derniers qui sont systématiquement exclus du système de santé formel’’, selon l’étude.

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Mame Khary Leye

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