De Adama Séne correspondant à Teranganews à Saint-Louis
Le populeux quartier de Pikine dans le faubourg de Sor de Saint Louis a payé un lourd tribut dans l’incendie de la pirogue transportant une centaine de candidats à l’émigration clandestine et a qui a été secourue par la marine à 80km des larges de Mbour.
Pas moins d’une vingtaine de jeunes de la localité sont dénombrés parmi les victimes. Si certains rescapés ont pu joindre leurs familles pour donner de leurs nouvelles sanitaires, d’autres par contre n’ont pas encore donné signe de vie. Une situation qui a plongé tout le quartier dans une grande consternation et une immense tristesse. D’ailleurs la tragédie est sur toutes les lèvres et reste le seul sujet de discussion des populations. Pour le moment les sous quartiers les plus touchés par la catastrophe sont Pikine Bas-Sénégal, Pikine-centre et Pikine-Jokkol où une quinzaine de jeunes sont déclarés parmi les portés disparus depuis plus de 72 heures. Entourée de parents et de voisins, la dame G. Ndiaye est inconsolable, son fils est sur la longue liste des victimes. Entre deux sanglots, elle témoigne sur son seul espoir resté dans l’océan sur la route de l’Espagne.
« C’est dur pour toute mère de famille, de perdre son enfant dans ces conditions. C’était un soutien de la famille, il a laissé derrière lui deux jeunes enfants âgés de 05 et de 03 et une femme enceinte de plusieurs mois. Il avait son permis de conduire mais malheureusement peinait à trouver un emploi stable pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Je ne cautionne pas leur acte de prendre la pirogue pour rallier l’Europe, mais je ne les condamne pas parce que les jeunes de Pikine sont désespérés et oubliés de toute politique de jeunesse. Si il y avait quelque chose de concret pour les jeunes, un nombre aussi important ne se leverait pas ensemble, un matin pour aller mourir tous en haute mer. » a regretté mère G. Ndiaye. Une tragédie qui n’a pas laissé indifférente le mouvement And Taxawu Pikine. A en croire le président dudit mouvement, cette catastrophe est un signal fort adressé aux autorités locales et nationales.
« A part la Langue de Barbarie, Pikine est le plus populeux quartier de Saint Louis, mais également le plus démuni et le plus oublié dans la politique de jeunesse. Pikine n’a bénéficié d’aucune part des projets et programmes des jeunes des différents gouvernements qui se sont succédés au Sénégal. Donc ce dont des désespérés qui ont pris d’assaut la mer pour des lendemains meilleurs », a regretté Cheikh Gueye.
Raison pour laquelle, a-t-il ajouté, le gouvernement est invité à revoir sa copie en matière de politique de jeunesse si vraiment il veut arrêter le phénomène » Barça ou Barsax ».

