De Adama Séne correspondant à Teranganews Saint-Louis
Le 09 juin de chaque année est fêté la journée mondiale des archives. Mais avec la pandémie de la COVID-19, il n’a pas eu de manifestations dans la capitale du Nord. C’est dans l’indifférence totale qu’elle a été célébrée.
Pourtant en moins de deux ans d’intervalle, la ville de Saint-Louis a vécu deux douloureux évènements où les archives ont été mises à rude épreuve. Des situations qui restent toujours à travers la gorge des archivistes et documentalistes du Sénégal en général, mais en particulier ceux de la région de Saint-Louis. A en croire le directeur du Centre de documentation et des archives (Cda) de l’OMVS, aucune colère ne peut justifier de tels actes de destruction massive de documents et d’archives. Pour Babacar Diong, les populations doivent avoir raison garder. « La conservation, la préservation et la valorisation des archives nécessitent d’énormes sacrifices opérés par des professionnels pour constituer des fonds documentaires. Donc rien ne doit pousser des manifestants à s’en prendre à des institutions de documentation et d’archivage alors que ce sont des biens publics qui sont souvent gardés là-bas» a-t- il regretté. Un sentiment largement partagé avec le haut-commissaire de l’OMVS, qui après les actes de vandalisme de leur siège à Saint-Louis, avait dénoncé avec la dernière énergie le saccage et l’incendie des archives de plusieurs pays.
Selon lui, « détruire des archives, c’est mettre en parenthèse le témoignage des pans de l’histoire de l’humanité, des individus et des familles. Brûler ou détruire les archives, c’est aussi nier le savoir, faire obstruction à l’accès à la connaissance, à l’information et à la démocratisation des savoirs ». Pour rappel, avant les manifestants-pêcheurs de la Langue de Barbarie, en 2018, pour se venger de leur camarade tué par balle à l’Ugb, des étudiants de Sanar avaient brulé les archives du rectorat, du Crous et de certaines Unités de Formation et de Recherche. Un fait qui porte toujours un grand préjudice à des milliers d’étudiants qui ne montrent plus de traces de leurs dossiers. Raison pour laquelle, le chef de centre du Cda de Saint-Louis les populations à plus de retenue envers les archives parce qu’elles sont conservées pour un intérêt public pour les besoins de gestion et de justification des droits des personnes physiques ou morales, publiques ou privées.
Il faut signaler que le thème 2020 de la journée mondiale des archives est « renforcer les sociétés du savoir » d’où l’intérêt de l’invite des documentalistes et archivistes de Saint-Louis à protéger et préserver les archives. D’ailleurs pour mieux sensibiliser les populations sur l’importance de celles-ci, les activités sont étalées sur une semaine ( 09 au 14 juin) au lieu d’une seule matinée.

