De Amédine FAYE, Correspondant Téranga News à Tambacounda
Pour éviter une large diffusion du Covi-19, le président de la république Macky Sall a pris, samedi 14 mars 2020 en marge du conseil présidentiel sur la pandémie, des mesures parmi lesquelles la fermeture temporaire des écoles et des universités. Cette décision est jugée positive par les acteurs de l’Education accrochés par Téranga News. Pour eux, la priorité est la préservation de la santé publique quid à ce que l’année scolaire soit perturbée.
Le Sénégal prend très au sérieux la maladie à coronavirus déclarée par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) comme une pandémie. Après être entré dans une phase épidémiologique le 02 mars passé avec un premier cas confirmé, le Sénégal a vu le nombre de patients malades du covid-19 augmenté pour atteindre 24. Moins de deux semaines après l’annonce d’un premier cas confirmé, un deuxième conseil présidentiel est tenu pour faire le point sur la situation de la maladie. Le président de la République Macky Sall y a pris cinq mesures pour éviter la propagation de la maladie. Il s’agit de « l’interdiction pour une durée de 30 jours de toutes les manifestations publiques sur l’ensemble du territoire national », « la suppression temporaire de l’accueil de bateaux de croisière et le renforcement systématique des contrôles sanitaires au niveau des frontières », « la suspension des enseignements dans les écoles et universités pour une durée de trois semaines à compter du lundi 16 mars », etc.
Professeurs, mouvement parental, association d’étudiants se conforment à la décision du gouvernement de fermer les structures d’enseignement.
Une décision « salutaire »…
M. Souleymane Fickou, professeur d’histoire et de géographie au lycée Mame Cheikh Mbaye de Tambacounda, par ailleurs secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal/Section Tambacounda (Saemss) ne s’oppose pas à l’arrêt temporaire des enseignements.
« La mesure est salutaire, mais il faut élargir la mesure. Que ça ne s’arrête pas seulement aux écoles », affirme M. Fickou, qui souligne la nécessité pour l’Etat de « rassurer les gens ». La raison de la fermeture des structures scolaires est très bien comprise par le président de l’Union régionale des associations des parents d’élèves et d’étudiants (Urape) de Tambacounda, M. Famara Dahaba. Il dit accueillir avec « beaucoup de lucidité » cette
décision à laquelle l’Amicale des étudiants ressortissants de Tambacounda à Saint-Louis(Aertas) adhère également.
«Des lieux comme les universités, si toutefois nous ne prenons pas des mesures au préalable et que le virus entre dans les universités, ça pourrait aller beaucoup plus grave. Donc, c’est une décision que nous saluons », confie Cheikh Mbacké Ba, étudiant à l’université Gaston Berger de Saint-Louis et président de l’Aertas.…mais « prise un peu tardivement »
Même s’il est convaincu de sa pertinence, M. Fickou trouve anormal que le pouvoir central ait attendu qu’on ait une vingtaine de cas confirmés pour arriver à la fermeture des écoles. « Je dirais que la mesure a été prise un peu tardivement, parce qu’il ne fallait pas attendre que les élèves du lycée de Mbacké[Diourbel] aillent en grève pour décréter une grève illimitée pour que le président de la république puisse penser aussi[à cela]. C’est vraiment dommage que les élèves soient en avance sur l’autorité. Dès que le cas est avéré positif à Touba, c’est depuis lors qu’il fallait prendre les mesures(…) » sic, soutient celui qui dit être parent d’élève.
« La santé n’a pas de prix »
La décision de fermeture s’appliquera sur une période de 21 jours. Cette suspension des enseignements, même si elle est temporaire, comporte des conséquences sur le calendrier de l’année scolaire. A ce propos, le secrétaire général du Saemss/section Tambacounda, M.
Fickou, souhaite qu’un réaménagement soit apporté sur la date d’organisation des examens de fin d’année scolaire.
« Cette mesure aura une conséquence sur le calendrier scolaire. Parce que fermer une semaine ou deux semaines, ça va se répercuter sur les examens finaux. Et moi, je pense que puisqu’il[le président de la république] a pu oser à prendre cette mesure, il faut oser aller jusqu’au bout, c’est –à-dire si la situation s’améliore qu’on puisse décaler les examens pour rattraper le temps perdu », propose-t-il.
A la question de savoir s’il faut aller jusqu’à fermer les écoles pour toute l’année pour les mêmes raisons sanitaires, les positions de nos co-échangistes ne divergent pas. « On ne souhaite pas une année blanche, c’est une perte énorme pour tout le monde(…) La santé publique n’a pas de prix. Même s’il faut fermer les écoles jusqu’à ce que la pandémie
soit radiée, on est pour(…) Les écoles, c’est des lieux de rassemblement, des gens viennent d’horizons différents et facilement la contagion peut se faire », indique M. Fickou.
Pour le président de l’Union régionale des associations des parents d’élèves et d’étudiants (Urape) de Tambacounda M. Famara Dahaba la priorité est à donner à la lutte contre le virus 2019-Ncov.
« C’est une urgence sanitaire qui se pose, parce qu’il s’agit de sauver des vies. Un esprit sain dans un corps sain », voit M. Dahaba.
L’avis du mouvement parental sur la question rejoint celui de l’Aertas qui estime que c’est la santé publique qui « est menacée ».
« On préfère mieux la santé publique que l’année universitaire. Les études, c’est une bonne chose, mais avant de dire que nous étudions, il faut vraiment avoir la santé d’abord. Donc, la santé est primordiale », a fait savoir Cheikh Mbacké Ba, président de l’Aertas.

