L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) prévoit la mise en place d’un comité de pilotage chargé de préparer une stratégie nationale dédiée aux achats publics durables. L’annonce a été faite mardi à Dakar par son directeur général, Moustapha Djitté, à l’ouverture d’un atelier international consacré aux achats publics verts.
Cette initiative, soutenue notamment par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’Institut international pour le développement durable et les acteurs de l’initiative One Planet, vise à intégrer progressivement les préoccupations environnementales et sociales dans les marchés publics.
Selon Moustapha Djitté, la future stratégie devrait être mise en œuvre à travers plusieurs plans d’action afin d’assurer une démarche cohérente et progressive. L’objectif est de prendre en compte les critères de durabilité dès la définition des besoins jusqu’à l’exécution des marchés.
Près de 3 000 milliards FCFA concernés
Pour l’ARCOP, la commande publique constitue un important levier pour faire évoluer les modes de production et de consommation. Près de 3 000 milliards de francs CFA sont mobilisés chaque année dans les marchés publics au Sénégal, selon les chiffres avancés par son directeur général.
Dans cette perspective, l’autorité a déjà engagé une révision des dossiers-types de marchés publics. Celle-ci doit notamment permettre d’introduire davantage de clauses environnementales et de favoriser l’acquisition de biens et services moins nocifs pour l’environnement.
L’ARCOP prévoit également de renforcer les compétences des acheteurs publics. Les formations porteront notamment sur les nouvelles réglementations environnementales, l’évaluation du coût global des produits sur leur cycle de vie et la définition de critères environnementaux adaptés aux procédures d’achat.
Le bâtiment au cœur de la démarche
Le secteur du bâtiment devrait occuper une place importante dans cette stratégie. L’ARCOP travaille avec le PNUE et le ministère de l’Environnement sur un programme destiné à développer les connaissances et les compétences en matière d’achats publics durables et circulaires dans ce domaine.
L’autorité souhaite également associer davantage le secteur privé afin d’évaluer sa capacité à répondre aux nouvelles exigences. Selon l’Agence de presse africaine Parmi les difficultés identifiées figurent le manque perçu de produits durables, leur coût ainsi que les réticences de certains fournisseurs et constructeurs face aux critères liés à l’économie circulaire.
L’ARCOP entend ainsi instaurer un dialogue avec les entreprises pour identifier ces contraintes et rechercher des solutions adaptées.
Genèse MOUKAHA

