Puisque des facteurs font languir les internautes et citoyens sénégalais sur la tenue du débat télévisé entre les cinq candidats à la Présidentielle du 24 février prochain, les jeunes responsables des coalitions ont gratifié les Sénégalais d’un projet similaire. Un débat initié par l’Ong Femmes, Education, Culture, Santé et Développement en Afrique (FECSDA).
Ce mercredi 20 février, s’est tenue une audition citoyenne collective des responsables des jeunes de ces cinq candidats avec Zator Mbaye de Benno Bokk Yakaar, Ibrahima Thiam de Sonko Président, Habib Ndiaye du PUR, Moustapha Koundoul de Madické 2019. Le Responsable de la coalition Idy 2019 a manqué l’évènement.
Vivants, intéressants ont été les échanges tournant autour de questions telles que la politique de jeunesse, la politique publique, et les programmes des candidats.
« Quels sont les faits saillants des politiques de jeunesse du candidat Macky Sall » ? A-t-on posé au représentant de la coalition Benno Bokk Yakaar en ce jour pour rester dans le thème, »quelle politique de jeunesse pour le prochain quinquennat ? »
En réponse à cela, M. Mbaye a ouvert son argumentaire par la gratuité, dit-il, de la césarienne. « Je commence par l’aspect néo-natal, vu que c’est la genèse de toute chose, en rappelant que le président Sall a rendu gratuite toute intervention césarienne. A partir de la naissance de 0 à 5 ans, le gouvernement prend en charge tout frais découlant des soins hospitaliers. Il y a aussi un projet zéro abri provisoire pour que nos enfants puissent étudier dans d’excellentes conditions. Le gouvernement accompagne aussi les parents, lesquels perçoivent des bourses de sécurité familiale, assujetti à deux conditions : la déclaration des enfants dès la naissance et leur scolarisation. »
Hormis celà, poursuit-il, un autre dispositif a été placé. Il s’agit de la couverture maladie universelle. Pour les étudiants, le président met en place de nouveaux systèmes dans l’enseignement. Le premier s’appelle ISEP (Institut supérieur d’enseignement professionnel qui a pour but de permettre à l’étudiant de se familiariser avec le monde de l’entreprise. L’étudiant a deux jours en entreprise et trois jours à l’université et il perçoit une bourse de 40 000 francs Cfa. » Concernant l’employabilité, Zator Mbaye affirme qu’il y a 491 000 emplois créés.
Aux représentants de l’opposition, leurs avis sur le bilan de la politique de jeunesse du président Macky Sall leur sont demandés. En réponse unanime, ils ont affirmé que le bilan était soldé d’échecs.
Après ces mises au point du jeune Zator Mbaye, les jeunes responsables de l’opposition ont pris la parole, et comme on pouvait s’y attendre, n’ont pas été tendre avec leur camarade de la coalition du Président sortant.
« En sept années de mandat nous avons eu beaucoup de déceptions, nous, les jeunes », dit-M. Thiam de Sonko Président. Il s’explique : « Entre 2012 et 2018, le taux de chômage est passé de 12.9 à 15.9 % d’après les chiffres de l’Ansd, précise-t-il. Son candidat a créé plus de chômeurs que d’emplois au Sénégal », dit-Ibrahima Thiam ironique, portant le regard sur Zator Mbaye. Par rapport au mode de gouvernance, à l’économie aussi, M. Thiam trouve qu’il y a eu des manquements. « Le président Sall a eu gérer un budget de vingt-deux-mille milliards de Fcfa or, on ne sent aucune augmentation positive au niveau du bien être des sénégalais.
M. Ndiaye du PUR lui, situe le bilan de la politique de jeunesse du président à quatre niveaux : l’éducation, la formation, l’emploi/ l’entrepreneuriat, et la constitution citoyenne. « Nous avons fait le constat, dans le cadre de l’éducation et de la formation, du manque criard d’infrastructures éducatives de qualité, un programme d’enseignement et de formation inadéquat, et un système éducatif secoué par des crises. Aujourd’hui, poursuit-il, on nous parle de 40 000 étudiants renvoyés dans le privé, qui est, de son point de vue, quelque chose à déplorer. Côté chômage, notons que chaque année, il y a 42 000 nouveaux demandeurs d’emplois. Sur le plan de l’entrepreneuriat, 65 % des entreprises jeunes meurent avant 5 ans sans compter les jeunes de l’émigration clandestine. On parle de la DER, dit-M. Ndiaye, mais sur quels critères objectifs sont financés les jeunes. Bénéficient-ils d’un coaching ? A cela s’ajoute la construction citoyenne, pose-t-il. Nous avons remarqué un incivisme grandissant.
M. Koundoul de la coalition Madické 2019 a évoqué l’insertion, l’administration et le financement, la prise en charge du secteur informel, parlant d’échecs étatiques.
« Déjà vous devriez prendre en compte ce déséquilibre, je suis seul, ils sont quatre, naturellement je devrai disposer de plus de temps de parole », ironise Zator Mbaye avant de se lancer dans ses réponses.
« Nous sommes à la phase 2 du Pse. Et pour une fois nous avons un plan qui va sur des années, horizon 2035. La CMU est une prise en charge pour le secteur informel, lequel fait tourner l’économie du pays, se défend-il. Pour exemple, M. Mbaye évoque les moteurs des pêcheurs qui coûtaient 1 300 000 Francs Cfa et le président alloue à chaque pêcheur 1 000 000 Francs Cfa.
» Nous avons pris énormément de choses en compte durant ces sept années de mandat. Lorsque le président est arrivé à la tête du pouvoir, le secteur industriel était mort, argue-Zator Mbaye. D’énormes difficultés secouaient l’industrie sénégalaise. La Sonacos, vendu à 5 milliards, avait été bradé par le régime précédent. Le président Sall l’a remis en marche. Aujourd’hui, nous avons un parc industriel à Diamniadio. Actuellement, notre pays produit 1 400 000 tonnes de riz. Des experts ont constaté que le Sénégal est très en avance à ce niveau » dit-il.
Concernant la Der, M. Mbaye affirme qu’il est là pour accompagner les étudiants. Par rapport aux dettes, il soutient qu’aucun pays ne se développe sans avoir recours à la dette internationale. « Au sujet de l’immigration clandestine, s’il vous plaît, qu’on se dise la vérité, avance-Zator Mbaye, il y a eu pire. Présentement il y a quand même des mesures qui encouragent les jeunes à tenter de faire quelque chose. Le président a créé des espaces numériques ouverts, l’université virtuelle, un étudiant-un ordinateur, qui sont une réalité », soutient-il.
Interrompu, respectueusement, sur sa lancée afin d’en venir au programme, Zator Mbaye poursuit : « Nous avons la deuxième phase du Pse qui parachève les réalisations de la 1ère phase. D’abord, énumère-t-il, il y a l’amélioration d’universités en construction, 5000 lits sont déjà construits en 7 ans et il en prévoit autant dans les cinq années à venir. Il a promis un millions d’emploi ». A ces dires, la salle est secoué par des vives exclamations d’étonnement.
Inébranlable, il poursuit : « Dans le domaine de l’emploi, Macky Sall prévoit de construire 100 000 logements sociaux. Le programme d’autosuffisance en riz, sur le plan de l’agriculture va occuper des jeunes, ce qui va ainsi, parer, à la crise de l’emploi. Les infrastructures vont aller crescendo », argumente-M. Mbaye.
M. Thiam, le responsable des jeunes de Sonko Président se dit peiné et honteux. « A entendre Zator Mbaye parler, on se dit que tout va bien or, ceci est loin d’être le cas. Nous qui avons eu la chance de faire le Sénégal des profondeurs, pouvons assurer des nombreux problèmes dont font face les populations. Leurs conditions de vie sont plus que déplorables, » analyse-t-il.
Les autres opposants affirment que le chômage aurait dû être un point essentiel dans le programme du président sortant avant de décliner les grandes lignes des programmes de leurs candidats respectifs, qui sont accompagnés d’applaudissements laissant deviner beaucoup d’espérance…

