Il était Premier Ministre depuis 2012. Hailemariam Desalegn de l’Ethiopie a présenté sa démission ce jeudi 15 février, sur fond de manifestations antigouvernementales qui ont fait apparaître des fractures au sein de la coalition au pouvoir.
Le Premier Ministre a déploré dans une allocution télévisée : « les troubles et la crise politique ont causé des morts et provoqué des déplacements de population ». « Je considère ma démission comme inévitable pour permettre de mener les réformes qui établiront une paix durable et la démocratie », a-t-il ajouté.
En 2015 et 2016, l’Ethiopie a été le théâtre des plus importantes manifestations anti-gouvernementales depuis vingt-cinq ans, car, la répression avait fait au moins 940 morts, selon la commission éthiopienne des droits de l’homme, liée au gouvernement. Le calme n’était revenu qu’avec l’instauration d’un état d’urgence entre octobre 2016 et août 2017, même si d’occasionnelles manifestations ont encore lieu.
Ces manifestations étaient avant tout l’expression d’une frustration des Oromo (sud et ouest) et des Amhara (nord), les deux principales ethnies du pays. Ce, face à ce qu’ils perçoivent comme une sur-représentation de la minorité des Tigréens (habitants du Nord de l’Ethiopie), au sein de l’EPRDF (Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens), qui règne sans partage depuis 1991, et plus largement une limitation des libertés individuelles.
Ces dernières semaines, les autorités éthiopiennes ont libéré des centaines de prisonniers dont des opposants et des journalistes et abandonné des poursuites, à la suite de la promesse du Premier Ministre, le 3 janvier, de libérer un certain nombre d’hommes politiques pour « améliorer le consensus national »

