Toutes les voies de recours sont épuisées. L’instruction menée par le Doyen des juges, selon les avocats de la défense du maire de Dakar Khalifa Sall à la va vite. Son immunité parlementaire levée par les députés de la majorité parlementaire. Renvoyé en correctionnel. Son procès fixé ce jeudi 14 décembre 2017 au palais de Justice de Dakar. Khalifa Sall est envoyé directement à la guillotine par Macky Sall. Un procès qui rappelle celui d’un certains Idrissa Seck du temps de Me Wade ou encore celui de Karim Wade sous le régime de Macky Sall condamné à six ans de prison puis gracié.
« Aléa jacta ». Ainsi le sort est jeté pour le maire de la capitale Dakar, Khalifa Sall. Son procès prévu ce jeudi est un jour de bonheur pour le pouvoir de Macky Sall. Inculpé pour détournements de deniers public, faux et usage de faux pour sa gestion faite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar portant sur la somme de plus de 2 milliards de CFA et renvoyé devant le Tribunal correctionnel comme un vulgaire voleur, Khalifa Sall sera condamné, car tel est le bon plaisir et le vouloir de Macky Sall qui voit en lui un sérieux prétendant pour les élections présidentielles de 2019.
Son sort est entre maintenant les mains de l’ancien secrétaire général de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) Maguette Diop, remplacé par le magistrat Souleymane Teliko.
L’affaire Khalifa est l’histoire d’un rocambolesque rebondissement juridico-politique. Placé sous mandat de dépôt depuis le 7 mars dernier par le procureur de la République à l’époque maire de Dakar, Khalifa Sall sera élu entre temps député avec les législatives de 2017.
Après plusieurs demandes de liberté provisoire rejetées par le Doyen des juges sur requête des avocats de l’édile de Dakar, avec un premier rejet rendu le 3 avril dernier, les avocats ont toute de suite interjeté appel auprès de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Une demande rejetée par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel. Cela fait suite à un premier refus du Doyen des juges en première instance.
Ainsi de revers judiciaire en revers judiciaire? les avocats du maire de Dakar vont saisir la Cour suprême le 21 septembre 2017 pour une requête afin d’annulation qui sera finalement rejetée le juge suprême qui a brandi des vices de procédure. Après avoir épuisé toutes les voies de recours les conseils du maire vont finalement se résigner à défendre leur client devant le prétoire avec des arguments à l’appui.
Elu député, le maire de Dakar est sous le couvert de l’immunité parlementaire, et pour le juger, il fallait l’enlever avant tout jugement, c’est ainsi que le Doyen des juges va saisir le Président de l’Assemblée nationale pour obtenir la levée de son immunité parlementaire. Ce que les députés de la majorité vont s’atteler à faire sans hésiter.
Et, c’est le samedi 25 novembre que les députés sénégalais, 125 députés contre 27 voix ont voté le rapport de la commission parlementaire préconisant cette levée sans l’avoir entendu au préalable. Son immunité parlementaire levée, Khalifa Sall est désormais sur la sellette de la justice sénégalaise.

Déterminés à obtenir la libération, sa femme en tête et ses proches parents et certains collaborateurs vont réunir la somme demandée par l’agent judiciaire de l’Etat pour obtenir une liberté provisoire, une somme qui s’élève à plus de 2 milliards équivalent de la somme pour laquelle il est poursuivi et placé depuis le 7 mars sous mandat de dépôt à Rebeuss.
Une caution en biens immobiliers à laquelle l’agent judiciaire de l’Etat s’est opposé en réclamant une caution en espèce.
Ainsi, après moult procédures judiciaires, le maire de Dakar Khalifa Sall sera finalement jugé ce jeudi 14 décembre 2017 par le tribunal correctionnel de Dakar en compagnie de ses co-prévenuus.
Ces avocats parlent d’une parodie de justice, ces partisans dénoncent la main de Macky Sall contre son seul et sérieux opposant pour le rendre inélligible pour la présidentielle de 2019.
Après, prés de 10 mois de détention préventive, le maire Dakar et ses co accusés dont Mbaye Touré (le « DAF », directeur administratif et financier de la mairie), Yatma Diaw (le responsable de la division financière), Yaya Bodian (un agent de la division financière), et Amadou Moctar Diop (le chef du bureau du budget). Fatou Traoré, l’assistante de Mbaye Touré, avait elle aussi été inculpée mais incarcérée à la prison pour femmes, dans le quartier Liberté 6 de Dakar, va connaitre le sort qui lui est réservé par la justice sénégalaise.
Demain donc le tribunal de Dakar sera sous le feu de l’actualité avec ce procès au fort relent politique.
En effet, plusieurs observateurs de la scène politique sénégalaise y voient la main de Macky Sall pour éliminer un adversaire devenu trop encombrant pour 2019.

Lâché par le parti socialiste notamment son secrétaire général, cette affaire a fini de semer la division au sein du parti de Léopold Sedar Senghor avec des pros Khalifa et pros Tanor.
Demain donc, le maire de Dakar sera dans le box des accusés pour détournements de deniers publics, faux et usage de faux avec plusieurs de ses collaborateurs.
Il avait été incarcéré le soir-même à la prison de Rebeuss, en compagnie de quatre de ses co-accusés dans cette affaire.
Également inculpés dans cette affaire, Ibrahima Touré et Mamadou Oumar Bocoum, tous deux percepteurs municipaux, avait eux été placés sous contrôle judiciaire.
Demain, donc la justice sera rendu au nom du bon vouloir de Macky Sall. Khalifa Sall et ses co accusés sont envoyés à la guillotine par le pouvoir en place et la sentence sera sans appel pour l’édile de Dakar car comme le théorise Machiavel « une fois au pouvoir tous les moyens sont bons pour le conserver ». C’est ce qu’a sans doute compris Macky Sall pour éliminer son premier opposant.

