Air Sénégal SA est une compagnie nationale créée en Avril 2016 avec un capital de 40 milliards de francs CFA, entièrement détenu par l’Etat du Sénégal à travers la Caisse de Dépôt et de Consignation. Après cette création, une équipe-projet, sous la houlette de l’ancien Directeur Général, Mamadou Lamine SOW, a été mise sur pied pour doter le Sénégal de sa propre compagnie aérienne dans des délais bien définis. L’équipe en question ne devait dépasser une dizaine, mais elle s’est finalement retrouvée avec plus d’une trentaine de personnes embauchées, toutes rémunérées et issues de secteurs, parfois bien éloignés du domaine aéronautique et étonnements proches par liens familiaux.
Air Sénégal SA : Il n’y a pas véritablement de compagnie aérienne !
Air Sénégal SA, Oui ! L’entité existe juridiquement, le nom également, mais dans les faits, la réalité est tout autre. En effet, il n’existe pas véritablement de compagnie aérienne, si l’on se réfère aux normes et standards internationaux. Il existe en fait une un groupe, qui aurait dû poser les bases d’une compagnie aérienne, disposant d’un permis d’exploitation aérienne (PEA), pour faire voler des avions. Mais ce processus qui d’ordinaire nécessite plusieurs mois, n’en est ici qu’à ses tous premiers balbutiements.

Même si des avions ont été achetés, il y a de cela plusieurs mois, leur achat n’était pas définitivement acquis. Il a fallu à la nouvelle équipe dirigée par le français Philippe Bohn, pour sauver in extremis le financement par Credit Export de l’achat de ces avions parce que l’ancienne équipe n’avait pas les compétences pour structurer un financement international.
De ce fait, la situation d’Air Sénégal SA est presque la même qu’à la création du projet c’est-à-dire au statut quo.

D’où le choix du Président Macky Sall, de faire appel à une équipe d’étrangers, hommes du sérail au passé solide et reconnu dans l’Industrie, pour faire sortir la compagnie sénégalaise de cette zone de turbulence dans laquelle, elle tourne.
Equipe projet : état des lieux après 16 mois de fonctionnement
Parlant de cette équipe, de nombreux manquements peuvent être notés quant à la gestion. D’abord le nombre d’employés qui de loin dépasse les prévisions et les recommandations initiales du chef de l’Etat. Un personnel pléthorique pas toutefois avec les qualifications requises pour la bonne construction, la gestion et le développement d’une compagnie aérienne.
Pendant 16 mois de fonctionnement, Air Sénégal SA a plus fait dans l’informel, qu’autre chose. En effet, il n’y a pas eu de définition claire des postes comme le préconisent les standards internationaux, en matière d’exploitation aérienne, encore moins d’organigramme par département.
Pire, selon nos sources, depuis la mise sur pied de cette équipe, il n’existe pas de système de comptabilité, pas de logiciel, pas de budget par département, pas de business plan et projections financières crédibles à communiquer aux loueurs d’avions. En résumé, l’entité appelée Air Sénégal SA ne dispose ni d’organigramme, ni de ressources humaines à même de faire fonctionner une compagnie aérienne normale.
Dans la comptabilité également, des trous ont été constatés par le commissaire aux comptes avec des décaissements injustifiés, depuis le mois de février. A ce jour, les comptes ne sont toujours pas encore certifiés. Des recrutements empiriques faits sur la base des nominations par parenté ou de l’alliance ont été également notés avec l’ancienne équipe. Aucun appel à candidature au niveau national n’a jamais été réalisé, privant les sénégalais de la possibilité de déposer leur candidature aux postes de l’entreprise. A 3 mois du lancement, la situation paraît désespérée.
Le PEA, permis d’exploitation aérienne inexistant !
La question du permis d’exploitation aérienne qui est une condition sine qua non pour une compagnie aérienne, n’a pas été résolue par Mamadou Lamine SOW pourtant ancien Directeur General de l’Aviation Civile dans les années 2000.
- L’ancien D.G de Air Sénégal SA, en compagnie du Ministre des transports aériens et de la direction d’ATR vendeurs des avions.
Toutefois, l’annonce a été faite en grande pompe que le 1er vol de la compagnie aurait lieu le même jour que l’inauguration de l’aéroport International Blaise Diagne, c’est-à-dire, le 07 Décembre. Une décision semble-t-il utopique, voire risquée. Déjà pour le permis devant être octroyé par l’ANACIM, il n’avait jusque-là pas fait de la question une priorité. Or c’est la condition première pour une compagnie aérienne : se faire délivrer le PEA par l’agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie.
Prendre le risque de se le faire délivrer dans des conditions qui ne respectent pas la procédure normale risquerait, au premier contrôle des auditeurs internationaux dans le domaine, de se faire blacklister et précipiter la compagnie dans la faillite. Une éventualité qu’aucun ne souhaite imaginer surtout après l’échec des deux dernières tentatives de mise sur pied d’une compagnie aérienne par le Sénégal.
Air Sénégal SA : tout est donc à refaire, ou plutôt à commencer, mais l’espoir est permis !
Face à la situation qui prévalait au sein de la compagnie, il urge d’abord de respecter les différentes phases nécessaires à l’acquisition d’un permis d’exploitation aérienne, travailler à acquérir un hangar propre à Air Sénégal SA, pour la maintenance de ses avions. Mais aussi travailler sur les différentes procédures de la compagnie, des systèmes de réservation et les comptoirs en bonne position à l’aéroport international Blaise Diagne, pour une meilleure visibilité de la compagnie.
Parmi les exigences, il demeure aussi important d’effectuer un audit du personnel et de la comptabilité. Pour ce qui est du premier cas, c’est pour connaitre l’existant, et le mettre en adéquation avec les normes internationales, afin d’avoir une compagnie digne de ce nom. L’audit comptable, quant à lui, permettra de savoir les ressources dont dispose l’entreprise, ce qui a été fait sur le plan financier, comment cela a été fait, ce qui n’a pas était fait, comment expliquer les millions de dollars déjà dépensés, et de quoi la nouvelle équipe a besoin pour relancer Air Sénégal SA.
Ensuite la phase projet révolue, aller à la phase d’implantation d’une véritable compagnie aérienne, conforme aux normes édictées à l’échelle internationale. Et utiliser à bon escient l’expérience internationale, pour faire revenir la confiance des loueurs d’avions, des partenaires techniques et financiers, des assureurs en matière d’aviation, et enfin d’ouvrir le capital jusque-là entièrement détenu par l’Etat, à de grandes institutions financières et internationales. Penser également à reculer de deux voire trois mois le lancement officiel du premier vol de la compagnie Air Sénégal SA.

Le recrutement d’un personnel sénégalais est aussi une urgence que la nouvelle équipe s’est empressée d’adresser.
Bonne nouvelle ! Plusieurs centaines de postes à pourvoir à Air Sénégal SA
Philippe Bohn, dès sa prise de fonction, a décidé de s’appuyer sur un cabinet national de recrutement reconnu et impartial, pour démarrer les recrutements et assurer à tous les sénégalais l’opportunité de rejoindre l’entreprise sur des critères objectifs de compétence et en pleine adéquation aux postes définis. La relance et le décollage d’Air Sénégal SA n’est possible qu’en attirant les meilleurs talents du pays.
Concrètement, il s’agira ainsi de définir les postes, placer les auditions, embaucher les gens pour constituer les ressources humaines, et ainsi in fine pouvoir obtenir la certification de l’ANACIM, de la communauté aéronautique internationale, et des autres différents organismes qui vont un jour se pencher sur la vie et le fonctionnement d’Air Sénégal.
Une entreprise étant d’abord des collaborateurs, intègres, compétents, qualifiés et passionnés dans leurs domaines. Cela ouvre la possibilité à plus d’une centaine de demandeurs d’emplois sénégalais, dans un domaine lié à l’aéronautique et à l’exploitation aérienne, de se faire embaucher pour ainsi contribuer à l’essor de la nouvelle compagnie Air Sénégal SA à qui nous formulons nos vœux de succès.


