C’est une décision rare, mais qui n’est pas une première. En effet, la mère d’un terroriste franco-algérien présumé mort en Syrie a été condamnée ce jeudi 28 septembre à Paris à deux ans de prison ferme pour avoir « financé le terrorisme » en lui envoyant de l’argent. Une condamnation dont elle entend faire appel.
Nathalie Haddadi n’a pas été incarcérée aussitôt par le tribunal correctionnel, comme l’avait requis le procureur lors de l’audience, le 5 septembre. Le représentant de l’accusation avait demandé 18 mois d’emprisonnement.
La femme de 43 ans, qui était jusque-là placée sous contrôle judiciaire, entend faire appel, selon son avocat, Me Hervé Denis. « J’ai du mal à croire qu’on m’associe au financement du terrorisme. J’ai aidé mon fils notamment pour manger, je n’ai jamais envoyé d’argent en Syrie ou en Turquie », avait déclaré Nathalie Haddadi, « très inquiète » à son arrivée.
La justice reprochait notamment à cette musulmane non pratiquante, conseillère commerciale en Alsace, d’avoir payé des billets d’avion pour l’Algérie à son fils, Belabbas Bounaga, qui y aurait rejoint son père début novembre 2015. Radicalisé, sortant de prison, il était alors visé par une interdiction de sortie du territoire français.
Elle est aussi accusée d’avoir caché aux autorités le passeport de son fils et, surtout, de lui avoir ensuite payé d’autres billets d’avion et fait parvenir quelque 2.800 euros alors qu’il voyageait en Malaisie ; où il avait fini par rejoindre l’organisation terroriste Daech en Syrie. En août 2016, sa mère a reçu un appel lui annonçant sa mort, à 21 ans.
Le procureur lors de l’audience a précisé « ce n’est pas la première fois qu’un parent de djihadiste comparaît pour financement du terrorisme ».
Devant la presse, elle avait dénoncé le jour de l’audience « une double peine », la perte d’un fils et ce procès.

