Pendant 3 jours, des journalistes, bloggeurs et autres de la société civile sont formés à la cybersécurité. Ces différents acteurs pour qui internet et les réseaux sociaux sont des outils incontournables dans l’exercice de leur activité professionnelle comme personnelle sont initiés à la protection de leurs données, au cryptage de leurs documents, à la protection de leur adresse IP, mais aussi à contourner la censure dans les Etats et situations où elle est en vigueur. Le tout possible grâce à des outils, services et astuces.
Une façon de permettre à ces utilisateurs du web, un accès libre à internet, pour y travailler en toute sécurité, et tout en préservant leur identité comme leurs données. L’initiative est d’Africtivistes qui est la ligue africaine des web activistes et bloggeurs pour la démocratie. Cette association qui croit à la force et au pouvoir de l’information, dans un monde où il est capital de s’informer, à travers des acteurs en charge de cette mission. Dans une telle situation, chacun cherchant à manipuler ou à contrôler l’information, que ce soit en période de crise ou de conflit, en période électorale ou même en situation normale. D’où la nécessité pour la ligue des activistes africains, d’outiller ces personnes chargées de relayer l’information qui peut être très sensible par rapport à telle ou telle autre situation.

Selon le président d’Africtivistes, Cheikh Fall « c’est une façon de les préparer à faire face à une certaine forme de censure, de surveillance, de contrôle ou même d’intimidation dans l’exercice de leur fonction ». La formation a débuté depuis ce 28 septembre 2017 à l’agence universitaire de la francophonie sise sur la corniche ouest derrière l’école supérieure polytechnique de Dakar. La session faite sous forme de projection « power point » se déroule dans une ambiance bon enfant, avec des débats, échanges et autres contributions fructueuses. Chez les participants provenant de rédactions et structures différentes, chacun cherche à tirer son épingle du jeu.
Par exemple, Ndeye Maguette Kébé, journaliste à Financial Afrik, un magazine spécialisé dans le traitement de l’économie et de la finance africaine, la cybersécurité est d’abord une question de protection personnelle, et au-delà un moyen essentiel de sécuriser son milieu de travail. « Je veux être en contact avec tous les outils qui vont me permettre de pouvoir sécuriser mes données personnelles, mais également les données que je fournis à nos lecteurs. Nous sommes dans un monde purement numérique, donc se protéger devient ainsi un impératif, surtout face à des menaces constantes de cybercriminels » a laissé entendre la journaliste économique.
A son confrère Ismaïla Camara, participant à la formation de lui emboîter le pas, quant à l’importance d’être outillé sur la cybersécurité. Pour le président du réseau des journalistes en technologies de l’information et de la communication (REJOTIC), « malgré la démocratie, certains journalistes pour X raisons peuvent être muselés. Une façon de contourner cela passe forcément par la sécurisation de l’information qui est la matrice de mon travail. Donc cette formation m’aide à sécuriser mes données sensibles avec lesquelles je travaille, ou bien si l’accès à certains sites est censuré, me permettre de contourner cette censure ».

D’ailleurs, de retour à la base, Ismaïla Camara, compte partager l’expérience acquise de la formation avec les autres membres du REJOTIC. La société civile est également bien représentée. Article 19, une ONG de défense des droits de l’homme qui lutte pour la liberté d’expression soutient et accompagne le projet. Selon Eliane NYOBE, Assistante de programme associé à Article 19, « tout citoyen a le droit d’accéder à Internet et travailler en toute sécurité. Ce qui entre dans le cadre des droits de l’homme. Ce premier jour de formation (28 septembre) coïncidant avec la journée internationale de l’accès à l’information, ce qui est un droit fondamental car renforçant la transparence et la démocratie. C’est pourquoi Article 19 a porté son choix sur les journalistes parce que le journaliste est au cœur de l’information avec la mission de rechercher et d’informer le public. Pour se faire, il a besoin de protéger ses sources. D’où l’invitation à cette session de formation sur la cybersécurité ».

Au final, l’objectif d’Africtivistes est de se retrouver en Afrique de l’Ouest avec près de « 500 acteurs des médias qui seront formés et bien outillés pour faire face à la censure et à la cybercriminalité et pouvoir utiliser Internet sans entrave, mais aussi avoir des outils pour contourner le contrôle et de sabotage. L’autre objectif c’est de les faire entrer dans un réseau d’acteurs des médias, pour permettre à un niveau sous régional de s’appuyer les uns sur les autres pour que l’information continue de circuler librement ».
La formation se tient du 28 au 30 septembre 2017. Elle est animée par les président et vice-président d’Africtivistes respectivement Cheikh Fall du Sénégal et Ciriac Goubou venue d’Abidjan.

