En Guinée un incendie a ravagé une partie du grand marché de Madina dans le centre de Conakry, véritable poumon économique de la capitale guinéenne. Les dégâts matériels sont considérables. En tout ce sont 1 500 mètres carrés touchés par le sinistre, probablement plus d’un millier de commerçants impactés, 352 containers détruits. Un coup dur en cette période où les troubles socio-politiques ralentissent déjà l’activité économique. Par chance, il n’y a aucune victime car l’incendie s’est déclaré vers 23h45 en pleine nuit lorsque le marché est vide. On ne connait pas encore la cause de ce drame mais plusieurs sources parlent d’un « court-circuit » dans un atelier de couture.
« Nous sommes en train de recenser toutes les victimes pour faire le bilan des nombreuses pertes qu’on peut estimer à des milliards de francs guinéens », a déclaré un porte-parole des commerçants.
La cause de l’incendie du plus grand marché de Guinée situé derrière le stade, du 28 septembre, après l’autoroute, n’a pas encore été déterminée.
Des commerçants médusés d’avoir perdu tout ce qu’ils avaient meublent le décor du marché d’où s’échappe une épaisse fumée noire dans la matinée du dimanche.
Un sapeur-pompier, à pied d’œuvre avec les différentes équipes de secours, a relevé la difficulté qu’ils ont eue pour intervenir dans le marché dont l’étroitesse des voies de passage rend l’accès difficile. « Il y a beaucoup d’obstacles. Toutes les issues sont bloquées par des conteneurs et des kiosques », a-t-il expliqué.
Le pont à califourchon de l’autoroute est pris d’assaut depuis tôt le matin par la foule qui, de loin, regarde impuissante la fumée noire monter au ciel.
Les commerçants en appellent à l’Etat
Les commerçants, l’administration et la chambre de commerce de la commune de Matam réclament un appui de l’Etat pour reprendre leurs activités. Saïkou Oumar Diallo, président de la Chambre de commerce de Matam, se dit satisfait de la réactivité des autorités, mais il appelle le gouvernement à aider financièrement les milliers de commerçants ruinés.
« L’aide de l’Etat directe et indirecte est indispensable pour des milliers et des milliers de gens. Non seulement ce sont des gens qui emploient des personnes aujourd’hui, mais aussi il y a beaucoup de familles, détaille-t-il. Si tous ces gens sont lâchés dans la nature, combien de délinquants il y aura dans ce pays ? D’où l’importance à ce que l’Etat s’occupe de ces gens. Très rapidement, refaire les containers, aider les gens à commencer très rapidement et faire des retours à l’intérieur parce qu’on ne peut pas encore prévenir dans l’avenir. S’il y a un tel problème, qu’il y ait des entrées pour que les pompiers ou les lance-incendies puissent rentrer, et faire leur travail », a ajouté Saïkou Oumar Diallo.
A la mi-journée, dimanche 18 mars, le président Alpha Condé s’est rendu sur place, on a pu l’entendre déplorer la vétusté des installations électriques ainsi que les raccordements sauvages.

