De Adama SENE, Saint-Louis
Après deux années sans la délivrance de la moindre licence de pêche aux guet-ndariens, le Sénégal et la Mauritanie s’apprêtent à signer de nouveaux accords de la pêche. Des accords dont les propositions faites par la partie mauritanienne n’ont pas trouvé d’adhésion du côté des pêcheurs et autres acteurs de pêche de la Langue de Barbarie. En dehors de la cherté de la licence, les pêcheurs saint-louisiens ont aussi rejeté devant le ministre de la pêche, Oumar Gueye, le débarquement 100% des captures à Ndiago en terre mauritanienne et certaines autres clauses.
Pendant deux ans l’activité économique de Saint-Louis en général et en particulier celle de la Langue de Barbarie a souffert de l’absence des licences de pêche mauritaniennes. Mais des difficultés qui n’ont pas empêché les pêcheurs guet-ndariens de s’opposer à certaines clauses du protocole d’accord dont la date butoir de signature est fixée au 31 mars prochain. A en croire des responsables d’organisation de pêche qui ont participé à la rencontre avec le ministre de la pêche, il n’est pas question de débarquer la totalité des captures à Ndiago. « Cette proposition, on ne l’acceptera jamais. Car l’accepter c’est tué pour de bon la ville de Saint-Louis économiquement. Que vont devenir les femmes transformatrices de la Langue de Barbarie et autres travailleurs du secteur, si tout se passe de l’autre côté de la frontière ? Et puis la zone choisie par les mauritaniens, ne peut pas abritée un débarcadère parce que le sable est mouvant. Les propositions que nous avons entendu, ne profitent ni aux pêcheurs ni à la commune » a expliqué Birane Boye, responsable du quai de pêche de Diamalaye. Une alerte à laquelle s’est associé le ministre de l’Hydraulique, par ailleurs maire de la ville, qui a largement plaidé pour la cause des pêcheurs de Saint-Louis.
Pour Mansour Faye, les futurs accords de pêche doivent tenir compte des intérêts et des préoccupations des pêcheurs de la Langue de Barbarie avant d’être signés le 31 mars prochain. « Dans les prochaines négociations, l’Etat du Sénégal devra prendre en compte tous les aspects pour que la ville de Saint-Louis et ses fils ne soient pas lésés économiquement dans la signature des accords» a soutenu le maire de la vieille cité. Venu expliquer aux guet-ndariens les tenants et aboutissants des propositions de la RIM et prendre leurs avis avant la signature, le ministre de la pêche, a rappelé que les autorités mauritaniennes exigent que les quantités de poisson pêchées dans les eaux de la RIM soient débarquées à Ndiago, ville frontalière avec la capitale du Nord. « Le gouvernement de Nouakchott veut que ces nouveaux accords de pêche soient signés conformément au code mauritanien de la pêche, à la souveraineté de la République islamique de Mauritanie. Mais si les conditions ne sont pas réunies, l’accord de pêche pourrait ne pas être signé » a signalé le ministre Oumar Gueye. Avant d’ajouter que le Président Macky Sall s’est déjà engagé à contribuer à la construction d’une route goudronnée reliant Saint-Louis au lieu de débarquement de Ndiago et à la mise en place de camions frigorifiques qui pourraient transporter le poisson vers Ndar.

