Par un appel sans équivoque, les évêques demandent aux congolais de « barrer la route » à ceux qui voudraient confisquer le pouvoir. Une déclaration forte tenue lors d’une conférence de presse à Kinshasa.
L’épiscopat congolais, en froid avec le régime au pouvoir, a invité ses concitoyens « à demeurer debout et vigilant face à toute tentative de confiscation du pouvoir ». « Nous invitons le peuple congolais « à demeurer débout et vigilant, à prendre son destin en mains et à barrer pacifiquement la route à toute tentative de confiscation ou de prise de pouvoir par des voies non démocratiques et anticonstitutionnelles », a déclaré lors d’une conférence de presse l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la conférence des évêques de RDC (Cenco).
Le climat politique est tendu en RDC en raison du maintien à la présidence de Joseph Kabila.
Mardi, une délégation de la Cenco avait été reçue par le Président du Congo-Brazzaville voisin, Denis Sassou Nguesso, par souci d’éviter « le pire » après des violences à Kinshasa, qui ont tendu les relations entre les catholiques et le pouvoir.
L’interdiction et la dispersion des marches organisées à l’appel d’un collectif catholique le 31 décembre à Kinshasa a fait « au moins six morts », selon l’ONU et l’Église catholique, aucun d’après le gouvernement de Kinshasa.
L’archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, avait alors dénoncé « la barbarie » des forces de sécurité et souhaité « que les médiocres dégagent ». Depuis cette dénonciation, « on assiste à une campagne d’intoxication, de désinformation voire de diffamation orchestrée même par des responsables des institutions de la République contre l’Église catholique et sa hiérarchie », a déploré l’abbé Nshole en présence du président de la Cenco et de son adjoint.
Ce vendredi 12 janvier, la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa donnait une messe en hommage aux victimes de la Saint-Sylvestre. Sur les bancs de l’église figuraient les ambassadeurs de France et de l’Union européenne, ainsi que des membres de l’opposition, comme Vital Kamerhe.
Il est plutôt « juste et urgent que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre de ceux qui ont torturé, blessé et tué nos concitoyens ainsi que de ceux qui ont délibérément profané nos églises », a ajouté l’abbé Nshole.
Au sortir de cette messe, de nouveaux heurts ont eu lieu en marge d’une messe dite en mémoire des personnes tuées le 31 décembre lors d’une manifestation pour le départ de Joseph Kabila du pouvoir. Des centaines de personnes ont pris part à la messe, y compris des ambassadeurs de pays occidentaux, qui ont quitté la cathédrale à l’arrivée des policiers, armés et laissant échapper des tirs. Il y a eu deux blessés selon la police.
La messe dirigée par le cardinal Laurent Monsengwo était dédiée à cinq personnes au moins, qui ont été tuées le soir du Nouvel an, lorsque la police a fait irruption dans plusieurs églises de Kinshasa, lançant des gaz lacrymogènes.

