Le secteur privé sénégalais déplore l’absence de dialogue avec l’Etat du Sénégal. A en croire, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Mansour Kama, « Notre dialogue s’est beaucoup appauvri sans pour autant qu’on sache pourquoi. M. le Président de la République, le secteur privé estime que vous ne dialoguez pas suffisamment avec nous », a-t-il soutenu devant un parterre d’autorités publiques, d’hommes d’affaires sénégalais, de partenaires techniques et financiers, entre autres ».
A l’en croire, « si les partenaires politiques ont du mal à se parler, votre secteur privé ne demande qu’à dialoguer car le dialogue avec le secteur privé est aussi intéressant et utile que le dialogue politique ».
Saluant la nette amélioration de la croissance de l’économie sénégalaise, le secteur privé invite ainsi le Président de la République à un changement fondamental de paradigme dans le processus de création et de répartition de la richesse nationale.
« De notre point de vue, l’inclusion sociale devrait partir d’une meilleure implication du secteur privé national tout au long du processus de construction de cette croissance ».
Mansour Kama a par ailleurs balayé d’un revers de main l’idée selon laquelle, le secteur privé national n’a jamais été partisans de marchés fermés aux étrangers.
Toutefois, a-t-il poursuivi, « il ne sera jamais aussi la victime consentante de son éviction de son propre marché intérieur au moment où dans la plupart des pays on revient à la préférence nationale et au protectionnisme ».
Il s’agit, pour le secteur privé, d’alerter et d’attirer l’attention de l’Etat sur les risques qui naissent de sa marginalisation.
Dans la même lancée, Ahmet Amar, chef d’entreprise sénégalais, a dénoncé la concurrence déloyale constatée sur le marché de la pâte.
A son avis, « l’importation turque de pâte tourne autour de 30 milles tonnes alors que le marché national fait 50 mille tonnes. Ce qui, à son avis, menace beaucoup d’emplois créés par des investisseurs sénégalais présents depuis des années sur le marché »
Ahmet Amar s’est offusqué de la fréquentation dans le port de Dakar qui, à selon lui, pose problème aux industriels avec un taux d’écrasement des produits très élevé.
Le secteur privé résume les difficultés qu’il traverse par une absence de mise en œuvre des instructions et engagements que le Président de la république a pris dans le cadre de rencontres précédentes.
Mansour Kama et Ahmet Amar ont fait ses déclarations lors du 13ème Conseil présidentiel de l’investissement (CPI), en présence du président de la République, Macky Sall.

