Des acteurs de la lutte pour l’inclusion sociale et l’accès des personnes vivant avec un handicap aux ressources éducationnelles plaident en faveur de la ratification du traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées.
Adopté le 27 juin 2013 lors d’une conférence diplomatique tenue à Marrakech (Maroc), le traité « permet aux personnes rencontrant des difficultés à la lecture des caractères imprimés et à leurs organisations représentantes, de produire, consommer et partager des documents en formats accessibles, en braille ou CD ».
Mais pour les livres déjà édités, ce système ne pourrait profiter aux malvoyants vivant au Sénégal que si le pays ratifie le traité de Marrakech.
La ratification se heurte à un blocage
Le président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH) Moussa Thiaré pointe « un blocage » dans le cadre de la ratification de ce traité par le Sénégal. Il y a eu pourtant plusieurs rencontres de partage et d’explications dans toutes les régions et au niveau central avec les autorités compétentes, dont le ministère de la Culture, le secrétariat général du gouvernement, a-t-il rappelé. En dépit de cela, déplore-t-il, “rien n’a bougé” dans le sens d’aller vers la ratification du traité.
Le Sénégal a juste signé le texte en 2013, mais « aucun acte n’a été posé jusqu’à présent pour aller vers la ratification », a relevé M. Thiaré, diplômé en anglais et en droit administratif et gestion, et chargé de la vie universitaire au rectorat de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD), selon APS.
Le traité de Marrakech est entré en vigueur le 30 septembre 2016. En Afrique, 13 pays, dont le Mali, le Ghana, le Nigeria, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire l’ont ratifié.
Le nouveau président de la FSAPH, lui-même malvoyant, déclare que sans sa ratification, aucun document ne peut être traduit en braille, en format CD ou en gros caractères pour les malvoyants, sans l’accord de l’éditeur.
La ratification du traité permettra « d’introduire une exception pour permettre aux personnes rencontrant des difficultés de lecture des caractères imprimés et à leurs organisations comme la FSAPH de produire, consommer et partager des documents en formats accessibles aux personnes ayant des difficultés de lecture ».
La ratification du traité devrait permettre ainsi de faciliter l’accès aux ressources éducationnelles aux non et malvoyants avec leur conversion en braille.
Ledit président rappelle que c’est pour célébrer la naissance de l’inventeur de l’alphabet tactile dédié aux aveugles et malvoyants, Louis Braille, le 4 janvier 1809, que ce jour a été déclaré Journée mondiale du braille par l’Union mondiale des aveugles, en 2001.

