Le Burkina Faso a officiellement rétabli la peine de mort dans son Code pénal. La réforme a été adoptée à l’unanimité, le mardi 20 octobre 2026, par les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple, selon le ministère de la Justice.
Présenté par le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, au nom du gouvernement, le texte révise la loi du 25 mai 2018 portant Code pénal. Les autorités burkinabè justifient cette réforme par la volonté de renforcer l’ordre public, de préserver les valeurs nationales et d’améliorer la sécurité des personnes et des biens.
Selon les précisions rapportées par les médias, la peine capitale pourra notamment être appliquée aux actes de terrorisme, à l’espionnage, à la haute trahison, au parricide ainsi qu’à l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort.
Cette décision marque un tournant dans le système judiciaire burkinabè. Le pays avait aboli la peine de mort pour les crimes de droit commun en 2018, sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré. La dernière exécution connue remonte à 1988, selon les organisations de défense des droits humains citées par la presse internationale.
L’Agence de presse africaine souligne que le rétablissement de la peine capitale intervient alors que le Burkina Faso fait face à une grave crise sécuritaire, marquée par les violences de groupes armés jihadistes. Si les autorités présentent cette réforme comme un moyen de renforcer la lutte contre la criminalité, des organisations de défense des droits humains mettent en garde contre les risques d’atteintes aux libertés fondamentales et d’utilisation de cette mesure à des fins répressives.
Genèse MOUKAHA

