Le Burundi, à travers sa capitale Gitega, a pris la parole pour défendre la procédure ayant conduit à la proposition de candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, après de vives critiques formulées par le Rwanda.
Au cœur de la polémique, la méthode utilisée pour tenter d’obtenir un soutien de l’Union africaine. Kigali a dénoncé une démarche jugée irrégulière, accusant le Burundi d’avoir agi sans consultation préalable des États membres et d’avoir voulu imposer une décision via une procédure accélérée.
Face à ces accusations, les autorités burundaises ont tenu à clarifier leur position. Elles affirment que la procédure engagée respecte les règles en vigueur au sein de l’Union africaine, notamment le recours à la “procédure silencieuse”, un mécanisme courant permettant d’adopter une décision en l’absence d’opposition formelle.
Gitega rejette ainsi toute idée de passage en force et insiste sur le fait que cette démarche visait à obtenir un consensus continental autour d’une candidature africaine à un poste stratégique au sein des Nations unies.
Cependant, cette tentative n’a pas abouti. Une vingtaine d’États membres ont rompu le silence, bloquant ainsi l’adoption du projet de soutien à Macky Sall et révélant de profondes divergences au sein de l’organisation.
Le Rwanda, de son côté, maintient sa position et parle d’une “procédure viciée”, estimant que les règles de transparence et de concertation n’ont pas été respectées. Kigali insiste sur le fait que le rejet ne vise pas la personne de Macky Sall, mais bien la manière dont sa candidature a été introduite.
Autre élément marquant : le Sénégal lui-même a pris ses distances avec cette initiative. Dakar a officiellement indiqué ne pas avoir été associé à la démarche et ne pas avoir endossé la candidature de son ancien président, accentuant le malaise autour de ce dossier.
Selon Apanews, cette séquence diplomatique met en lumière des tensions internes au sein de l’Union africaine, entre respect des procédures, leadership politique et ambitions internationales. Elle souligne également les difficultés à construire une position commune sur des candidatures africaines à des postes de premier plan sur la scène mondiale.
Genèse MOUKAHA

