Le Sénégal a pris le relais, lors d’une cérémonie officielle organisée à Dakar, mardi 16 janvier, de la présidence tournante de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), au cours de cette année, en remplacement de la République démocratique du Congo.
‘’Le Sénégal, membre fondateur de l’OHADA, occupe pour la deuxième fois, après 2008, la présidence de cette instance regroupant 17 pays africains’’, a précisé la garde Sceaux, ministre de la Justice, Aïssata Tall Sall.
Ladit ministre Sall va, durant cette année, assurer la présidence du Conseil des ministres de ladite organisation. La présidence de la conférence des chefs d’État de l’OHADA revient en même temps au Sénégal.
‘’En héritant de la présidence de cette haute institution de coopération, d’intégration et d’harmonisation du droit des affaires, je peux vous assurer de notre engagement […] à davantage baliser la voie vers la concrétisation de la volonté des pères fondateurs d’instaurer […] une communauté économique africaine, comme celle de nos États membres’’, a assuré la ministre sénégalaise de la Justice.
S’exprimant lors de la cérémonie de passation des charges avec son homologue congolaise, Rose Mutombo Kiese, elle a évoqué le ‘’vaste chantier’’ que le Sénégal est censé conduire au cours des douze prochains mois, notamment la ‘’redynamisation’’ de l’organisation de 17 pays membres.
‘’Après un mandat d’un an, la République démocratique du Congo s’apprête à passer le flambeau à la République sœur du Sénégal. Laissez-moi vous dire que ce mandat a été confronté, dès le départ, à un énorme défi. En effet, nous avons hérité d’une organisation en pleine crise de gouvernance imputable à une gestion controversée des ressources humaines et financières’’, a déclaré la présidente sortante du Conseil des ministres de l’OHADA, Rose Mutombo Kiese. Son pays a été confronté à un ‘’climat social délétère’’ et à ‘’la méfiance des bailleurs’’ envers l’organisation, deux difficultés qui ‘’compromettaient gravement le fonctionnement’’ de l’OHADA, a-t-elle signalé, selon APS.
Selon Aïssata Tall Sall, le Sénégal va s’atteler à ‘’la finalisation d’un acte uniforme extrêmement important sur le droit international privé, qui est en chantier’’ au sein de l’OHADA.
S’y ajoute ‘’la tenue de la conférence des chefs d’État de l’OHADA, qui ne s’est pas tenue depuis dix ans’’, a signalé Mme Sall.
La réforme de la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’organisation et du statut de son personnel va également préoccuper le Sénégal, selon elle.
Créée en 1993, l’OHADA a pour mission d’‘’harmoniser le droit des affaires en Afrique, afin de garantir, dans ses États membres, une sécurité juridique et judiciaire pour les investisseurs et les entreprises’’.

