De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
Plusieurs dizaines de femmes vêtues en blanc, accompagnées de quelques hommes et des « reines d’Oussouye et Mlomp », portant une large banderole et des pancartes, ont organisé une procession sur plusieurs kilomètres pour réclamer que justice soit rendue à l’Agente de Sécurité de Proximité (ASP) Barthélémy Diatta présumé enlevé en janvier dernier par des hommes supposés appartenir au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) avant d’être retrouvé sans vie dans la forêt de Santhiaba Mandjack.

Sur leur banderole géante, l’on pouvait lire les inscriptions suivantes : « la violence en Casamance est une honte pour ce que nous sommes » ; « Barthélémy Diatta, un mort de plus, ça suffit ». Et, sur les pancartes, des slogans tels que « non aux enlèvements », « justice pour Barthélémy », etc. Ils ont marché du village de Oukout, situé dans la banlieue sud de la commune d’Oussouye, au palais royal de cette ville en passant par la préfecture.
Là, les marcheurs ont lu une déclaration adressée aux autorités. Dans ce document intitulé « Plus jamais ça », les marcheurs ont indiqué que « c’est avec surprise que nous avons su son (Ndlr : Barthélémy Diatta) absence, c’est avec tristesse que nous avons tenu. C’est avec espérance que nous attendu. Et c’est avec une peine immense que nous vivons son éternel silence. »

Selon les déclarants : « après plusieurs années de guerre suivies d’une accalmie notoire qui augure d’une paix durable, les populations déplacées ont choisi… de revenir au bercail. Leurs terres étaient en train d’être déminées et les infrastructures sociales de base en voie de réalisation. La mort de Barthélémy Diatta est venue nous rappeler les années de braises. C’est une honte pour ce que nous sommes : des êtres humains d’égale dignité unis et solidaires. C’est une perte pour ce que nous voulons construire : une nation unie et prospère dans sa diversité. C’est une menace pour notre sécurité individuelle et collective. »

Sur un autre registre, la déclaration des marcheurs a souligné que : « le conflit en Casamance a fait trop de victimes aussi bien du côté des forces de défense et de sécurité que … des communautés. La paix est indispensable pour un développement humain, inclusif et durable. Il est temps de nous pardonner mutuellement et de nous réconcilier les uns les autres. Nous avons le devoir de réussir la paix en garantissant la libre circulation des biens et des personnes, le retour des réfugiés en les accompagnant dans le déminage de leurs terres, la construction de leurs habitations, la reprise de leurs activités sociales, économiques et professionnelles et dans leur prise en charge psychosociale ».

Dans sa réponse, le préfet d’Oussouye, à qui les marcheurs ont remis un exemplaire de leur déclaration, a invité « tout le monde à jouer sa partition pour un retour définitif de la paix en Casamance », ajoutant que « son contenu sera transmis à qui de droit dans les délais requis ».
