De Thierno Baye Diène correspondant de Teranganews à Matam
Un atelier de renforcement de capacités sur les techniques de communication et de gestion des crises sanitaires à l’intention de 35 acteurs de la santé et de l’éducation de la région de Matam a tiré ses rideaux, ce mercredi. Initiée par la Cosydep et Enda Santé, cette session de formation qui a été financée par OSIWA s’inscrit dans le cadre du projet éducation et santé mobilisées en situation d’urgence (EduSamu).
La pandémie du Corona virus a été une douloureuse expérience qui a ébranlé tous les secteurs de la société. A ses débuts, la panique qu’elle suscitait, rendait inefficaces les différents plans de riposte concoctés par les autorités. Avec le recul et l’expérience capitalisée, il s’est avéré que la communication en ces temps de crise avait souffert d’un déficit criard de maîtrise. Ainsi, les ONG Cosydep et Enda Santé regroupées en consortium ont décidé de mettre sur pied le projet Éducation et Santé Mobilisées en situation d’Urgence (EduSamu) pour capaciter les acteurs des secteurs qui sont en première ligne en cas de crise sanitaire.

Une démarche communautaire fortement appréciée par Néné Diombana, l’adjointe au préfet du département de Matam, venue présider l’atelier. « C’est salutaire de voir que le secteur de l’éducation et de la santé ont décidé de fédérer leurs forces pour faire face aux crises sanitaires. Après la pandémie du COVID, on a noté les dégâts et le secteur de la santé et de l’éducation faisaient partie des plus touchés. Aujourd’hui , il n’y a aucun doute que leur collaboration permettra de venir à bout de toute autre menace », fait-elle savoir.
Lors de la pandémie du COVID 19, les enseignants étaient stigmatisés dans plusieurs localités de la région de Matam. Certains étaient même déclarés persona non grata dans leur lieu de service. Une situation qui doit servir d’exemple estimé le coordonnateur de l’antenne régionale de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), Bouna Diagne. « Cet atelier de formation découle d’un constat que nous avons eu à faire lors de la pandémie de COVID 19, nous avons été pris au dépourvu et cela a déréglé tout le système social. Et fort de ces leçons apprises, les deux ONG COSYDEP et Enda Santé ont pensé à mettre le projet EduSaMu. Aujourd’hui , nous devons avoir une autre posture d’anticipation et être proactif lors de certaines crises », justifie-t-il.

Pendant 2 jours, 20 acteurs de l’éducation et 15 de la santé, la plupart des syndicalistes, vont être en conclave pour partager leurs expériences aux côtés du facilitateur de Enda Santé, Issa Gueye. Soulignant la pertinence de cette session, le consultant fera noter l’impérieuse nécessité des des deux secteurs d’unir leurs forces. « On a constaté qu’il y avait deux couches qui ont été les plus impactées lors de la pandémie : c’est la santé et l’éducation. C’est pourquoi Enda Santé et Cosydep se sont regroupées en consommation sous le financement de OSIWA pour pouvoir venir appuyer ces couches, leur donner les rudiments en matière de communication en temps de crise mais aussi les capaciter en gestion de ces crises, c’est ce qui a fait naître ce projet EduSaMu », explique le consultant qui porte aussi la casquette de secrétaire administratif national du SUTSAS.
Deux financements pour deux projets en vue..

La crise sanitaire du Corona virus est aujourd’hui sous contrôle mais les autorités veulent rester sur le qui-vive pour mieux faire face aux éventuels autres pandémie. Ainsi, tous les efforts allant dans le sens d’une prévention efficiente seront soutenus. Le consortium COSYDEP et Enda annonce le financement de deux projets à l’échelle régionale, un du secteur de l’éducation et un autre de la santé : « Dans la troisième phase du projet, il y aura le financement de projets écrits par les travailleurs. Ici à Matam, 2 projets seront financés comme dans les autres régions du Sénégal, un dans le secteur de l’éducation et un autre de la santé. Ces projets seront financés par le consortium avec la facilitation de OSIWA. Avec ces projets financés, c’est une façon d’inciter les travailleurs à s’approprier du projet EduSaMu et à pérenniser les activités retenues », renseigne Issa Gueye.

