De Thierno Baye Diéne correspondant de Teranganews à Matam
Apres plusieurs mois de refus , Amadou Lamine Sano, le secrétaire général de l’union régionale du SUTSAS de Matam et son camarade Youssou Diop ont finalement rejoint leur poste à la région médicale de Dakar. Une décision avalisée par le syndicat après la médiation des autorités néanmoins le SUTSAS annonce une lutte plus intense contre la direction de l’hôpital de Ourossogui.
Avant l’arrivée de l’actuel directeur du centre hospitalier de Ourossogui, Ousmane Gueye, Amadou Lamine Sano était chef de service des soins infirmiers en plus de sa casquette de secrétaire général de l’union régionale du syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS). Aujourd’hui, il a tout perdu ; et un malheur n’arrivant jamais seul, il a été obligé de quitter la région où il a toujours servi. Il est affecté à la région médicale de Dakar. Toute cette dégringolade s’expliquerait selon Cheikh Bouya Niang, le chargé de la communication du SUTSAS/Matam, par « son opposition aux augmentations des primes du directeur de l’hôpital de Ourossogui ».
« Pour rappel, il y a une lutte que nous menons depuis plus d’un an dans cette région, une lutte que nous avons engagée pour dire aux augmentations unilatérales des primes du directeur de l’hôpital de Ourossogui. Il s’en est suivi que notre camarade Amadou Lamine Sano, secrétaire général régional du SUTSAS a été démis de ses fonctions de chef de service des soins infirmiers. Ce qui constitue une violation flagrante du code du travail à son article 29 », rappelle cheikh Bouya Niang. En effet, c’est à la suite de ce différend que Amadou Lamine Sano a été relevé de son poste au sein de l’administration de l’hôpital. Selon le directeur, Dr Ousmane Gueye, c’est le conseil d’administration qui aurait pris la décision d’augmenter les primes du directeur de l’hôpital de Ourossogui de 600.000f à 1.000.000 francs CFA. Le syndicat avait tapé sur la table pour que les autres agents de l’hôpital puissent bénéficier de ces augmentations, une demande à laquelle le top management n’a pas pu accéder. C’est le début d’un bras de fer qui va durer plus de 14 mois. Finalement, le ministère de la santé a décidé, le 23 janvier 2023, d’affecter à la région médicale de Dakar, le secrétaire général régional du SUTSAS, Amadou Lamine Sano et son collègue Youssou Diop pour mettre fin au bras de fer.
Mais sur instruction du syndicat du SUTSAS, ces deux agents de l’hôpital de Ourossogui avaient refusé de rejoindre leur nouveau poste à Dakar. Ce n’est que 4 mois plus tard, qu’ils sont allés prendre service. Et de l’avis du secrétaire général régional adjoint du SUTSAS, Ass Thiam, c’est le syndicat suite aux médiations entreprises par des bonnes volontés, qui aurait suggéré aux deux agents d’aller rejoindre leur poste. « C’est le syndicat qui avait demandé aux deux camarades de ne pas aller prendre service. Ils sont restés ici durant plusieurs mois. Mais c’est à la suite des médiations des bonnes volontés que nous avons pris la décision de laisser partir nos camarades. Ce geste, nous l’avons fait parce que nous voulons montrer que nous sommes ouverts au dialogue », a fait savoir le N°2 du SUTSAS de Matam. Poursuivant dans la même veine, Cheikh Bouya Niang précisera que ce départ va intensifier le combat « nous avons reçu des émissaires des autorités religieuses et coutumières et la main tendue du médecin chef de région, et nous avons suggéré à nos camarades d’aller prendre service. Mais cela ne signifie en rien que nous allons arrêter la lutte. C’est maintenant que la lutte va s’intensifier parce que cette lutte est pour l’ensemble des travailleurs de cette région. Nous n’acceptons plus que, nous, syndicalistes soyons précarisés dans notre rôle de syndicat, voire victimes d’harcèlement dans nos lieux de travail. Ainsi, nous avons un plan d’action que nous sommes en train de dérouler et que nous allons évaluer le 10 juin prochain et si rien ne change dans cette situation, il faudra savoir que la lutte sera intensifiée au niveau de la région de Matam », promet-il.
Mais en attendant de durcir le ton, les blouses blanches ont décidé de reprendre l’exécution du PEV programme élargi de vaccination sur toute l’étendue du territoire régional.
Thierno Baye Diène

