De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
Vêtus majoritairement de noir, femmes, hommes d’un âge avancé et surtout jeunes gens du village de Niomoune, situé dans la commune de Kafountine, département de Ziguinchor, ont battu le rappel de toutes les franges de la population locale, ce samedi 25 février 2023, pour une déclaration de presse sur l’une de leurs places publiques. Ils en ont profité pour directement interpeller les autorités étatiques.
Cet exercice de communication aux allures d’une manifestation pacifique bénie par leurs autorités traditionnelles et une représentation de l’église qui étaient également sur les lieux, a permis aux parents de l’adjudant-chef de la gendarmerie et du sergent Didier Badji, d’interpeller directement les autorités étatiques sur ce qu’il est dès lors convenu de nommer « affaire », trois mois après leur disparition.
En effet, dans une déclaration lue par leur porte-parole Alphonse Tabar, les populations de Niomoune ont rappelé que « voici trois mois que disparaissaient deux vaillants frères membres des services généraux de renseignement qui sont l’adjudant-chef Didier Badji de la gendarmerie et sergent Fulbert Sambou de l’Armée nationale. »

Pour le porte-parole des populations éplorées de Niomoune, ce sont « trois mois que nous pleurons leur disparition annoncée dans des circonstances relativement douteuses ». Ainsi, a-t-il poursuivi, « après lesdites déclarations, nous avons tenu un point de presse et porté plainte contre X en soumettant le dossier à la charge d’éminents avocats pour donner suite à nos allégations. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et nos démarches sont restées vaines et stériles … »
M. Tabar a rappelé aussi que « ces deux agents sont partis d’ici à savoir Didier Badji dont la disparition n’est pas encore élucidée et Fulbert Sambou supposé mort par noyade. Par la présente déclaration de presse, nous manifestons notre ras-le-bol devant l’opinion nationale et internationale. Nous décrions l’attitude muette et inadmissible des autorités étatiques ».
Le porte-parole des populations de Niomoune d’ajouter : « pour nous, Didier Badji et Fulbert Sambou n’étaient pas des personnes ordinaires. Ils étaient des citoyens qui ont dignement servi la Nation jusqu’au moment où ils ont été portés disparus … si promptement sans inquiéter le commandement… »

A l’en croire, « nous pensons que cette disparition est orchestrée par l’Etat ; ce faisant, nous exprimons hautement notre déception pour la brutalité inhumaine dont ils ont été victime : sont-ils réellement mort ? »
M. Tabar d’avancer : « la mort non éclairée de ces deux agents constitue à nos yeux une ingratitude… Nous élevons nos voix pour demander jusqu’à quand et pourquoi la justice doit continuer à ignorer les faits évoqués supra ? Nous croyons que rien ne peut compenser la parte d’un tiers (sic) mais le droit et une justice reconnue peuvent apaiser notre chagrin… Nous exigeons maintenant que l’on ouvre la voie pour édifier les circonstances et les motivations de leur disparition. Nous supplions les organisations internationales des droits humains, les organismes de droits civiques et tous les mouvements épris de justice de faire pression sur l’autorité afin que resurgisse le dossier relatif à cette disparition »

