Pour Dr Amadou Kanouté, Directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev Africa), l’autorisation des OGM est contraire aux orientations du Plan Sénégal émergent vert (PSEV), qui prône la transition écologique et la souveraineté alimentaire.
« L’agro-écologie et la souveraineté alimentaire ne peuvent pas s’accommoder de l’utilisation des Ogm. Elles ne peuvent non plus s’accommoder de l’utilisation trop forte d’engrais et de pesticides chimiques. Notre position a été très claire sur cela. » Et c’est pourquoi aujourd’hui, nous continuons à demander à ce que notre loi sur la biosécurité, adoptée en juin dernier en procédure d’urgence par le Parlement et qui permet l’entrée des Ogm au Sénégal, puisse être révoquée », plaide Dr Amadou Kanouté, Directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev Africa), par ailleurs membre de la Dytaes.
Pour Dr Kanouté, «la non-suppression de cette loi relative à l’utilisation des Ogm crée une situation de dépendance des paysans sénégalais aux semences importées dont la qualité laisse à désirer, alors qu’ils avaient l’habitude de conserver leurs propres semences pour pouvoir les réutiliser l’année prochaine.
C’est ça la voix de la souveraineté alimentaire, contrôler ce que vous voulez cultiver et la base, c’est la maîtrise de la semence».
Les Journées de l’agro-écologie de cette année interviennent quelques jours après la clôture du Sommet de Dakar 2 sur la souveraineté alimentaire. «Quand des chefs d’Etat décident eux-mêmes d’aller vers la souveraineté alimentaire, ça met de l’eau dans notre moulin. Donc, le moment est bon, le moment est opportun d’engager un dialogue politique pour que nous puissions, avec nos chefs d’Etat, nous entendre. Il se trouve que ces Journées de l’agro-écologie qui auront pour thème «la territorialisation de l’Agro écologie» se déroulent juste une semaine ou dix jours après la conférence des chefs d’Etat africains qui vient de se tenir à Dakar sur la souveraineté alimentaire. Il y a des résolutions, des décisions qui en sont sorties. Nous allons durant nos journées, les étudier, les lire, engager le dialogue. Ça va être une forme de continuité, il y a des pistes que nous avons résumées dans des contributions que nous avons soumises au chef de l’Etat», explique Dr Kanouté.
Revenant sur le thème de cette 4e édition, il invoque le fait de vouloir «initier un nouveau cycle de dialogue politique national et local pour accompagner la territorialisation de l’agro-écologie». «Du 6 au 13 février, des journées de l’agro-écologie décentralisées seront organisées sous la responsabilité des acteurs des territoires», lit-on dans un document.
Ces journées vont ainsi réunir des acteurs nationaux, sous régionaux et internationaux de l’agro-écologie au Musée des civilisations noires de Dakar.
Dr Amadou Kanouté a fait cette déclaration hier lundi, lors d’une rencontre avec la presse, en prélude à la 4ème édition des Journées de l’agro-écologie qui a démarré le lundi 6 février et ce jusqu’au 16 janvier prochain.
L’Assemblée Nationale a adoptée, en procédure d’urgence, hier, vendredi 3 juin 2022, le projet de loi n°08/2022 portant sur la biosécurité. La nouvelle loi votée sans débat par les députés, abroge celle n°2009-27 du 8 juillet 2009 régissant l’usage des Organismes génétiquement modifiés (OGM).

