Née en 1937 à Ségou, Soudan Français, en pleine période coloniale, au sein d’une famille religieuse (son père fut imam de la mosquée d’El Hajj Omar), Tamaro Touré poursuit son éducation au Sénégal, fait rare pour une jeune fille à l’époque. Mme Tamaro Touré, fut première femme inspecteur du travail du Sénégal en 1967.
Un riche parcours…dédié à l’éducation et à la formation…
Elle fut nommée conseiller technique sur les questions sociales du Premier ministre Abdou Diouf en 1972 puis elle le suivit à ce poste à la présidence de la République en 1981. En 1991, elle est nommée directrice du travail cumulativement avec son poste de conseiller technique à la présidence.
En 1976, elle fonde l’association des Villages d’Enfants SOS au Sénégal qui s’est occupée jusqu’en 2016 de plus de 50 000 enfants avec la création de centres dans les régions les plus peuplées du pays (Dakar, Kaolack, Louga, Tambacounda). Un village d’éducation pour filles et garçons, qui a vu passé plusieurs générations de jeunes devenus des modèles de réussite.
« De Bamako je suis arrivée à Rufisque à l’Ecole normale où nous étions toutes de l’AOF. Les filles venaient de la Guinée, du Dahomey, de la Côte d’Ivoire, du Niger…un creuset de concertation et d’échange d’idées qui ont abouti d’ailleurs à des activités disons, revendicatives! »
L'Afrique perd une grande figure!
Grâce à elle des enfants comme moi ont pu espérer vivre dans un cadre accueillant et aimant.
Je suis heureux d'avoir donné son nom à ma fille.
L'heure du repos a sonnée maman! Dors en paix!
Je t'aime❤️ https://t.co/iJe7HPy3vP— SERVITEUR✊? (@sergehopejordan) February 21, 2023
Revendicatives, c’est le mot! C’est l’époque où des femmes Africaines issues des colonies s’organisent, mues par un véritable esprit panafricain: « nous nous sommes battues à cette époque pour la conquête de indépendance. On y croyait fermement! On s’y est engagées. »
Un esprit panafricain qu’elle maintiendra jusqu’au bout, faisant le pont entre le Mali et le Sénégal, le Fouta Tooro et le pays bambara. Cet engagement précoce la mènera vers d’autres combats: « j’ai toujours participé à des associations de femmes…
C’étaient des lieux de rencontres, d’échanges, qui nous ont permis plus tard de constituer des organisations qui se sont battues pour une cause bien déterminé. Ma vie c’est cela! »

