De Thierno Baye Diène correspondant de Teranganews à Matam
En avant goût à leur grande manifestation prévue le samedi 19 novembre prochain à Thiès, les enseignants chargés de cours au moyen-secondaire de la région de Matam ont déroulé leur premier plan d’action, ce matin. Ils ont arboré des brassards rouges en classe pour exprimer leur frustration.
Les enseignants ont enterré la hache de guerre depuis les premiers mois de cette année 2022, avec la signature du protocole d’accord par le gouvernement. Mais la satisfaction semble ne pas être le sentiment le mieux partagé au sein de la famille enseignante. En effet, les chargés de cours dans les collèges et lycées ne sont pas du tout contents de leur ministre de tutelle. Ils ont des revendications qui jusqu’ici n’ont pas été satisfaites. Après de longs mois de discussion, ils ont finalement décidé de passer à la vitesse supérieure. Pour le premier acte de leur grogne, ils ont préféré y aller tout en douceur.
Le coordonnateur national du collectif des chargés de cours, Ndiogou Dienne, est en exercice au lycée de Ogo en qualité de professeur d’histoire et de géographie. Il est en mouvement d’humeur mais dans le respect scrupuleux du mot d’ordre, il s’est présenté devant ses élèves avec un brassard rouge. « Aujourd’hui , nous avons arboré des brassards rouges pour dénoncer la précarité de notre statut, explique le coordonnateur du collectif. Apres 2 ans de service au moyen-secondaire, l’Etat devait assurer une formation aux chargés de cours. Malheureusement jusqu’à présent, rien de cela n’a été fait », fulmine celui était en service à fourdou Mbaila, dans le département de Ranérou.
En effet, l’Etat pour résorber le gap de professeurs dans les collèges et lycées, avait fait appel à des instituteurs qui avaient des diplômes allant du DEUG, diplôme d’études universitaires générales au Master. Ce renfort a été d’un grand secours pour le moyen-secondaire qui était taraudé par un déficit criard de professeur.
Ponctuellement, ils avaient réglé l’épineuse question du déficit en ressources humaines. Seulement, quelques années plus tard, c’est toujours le statu quo. La formation promise à ces chargés de cours attend toujours d’être concrétisée. C’est la raison pour laquelle, la question de la formation figure en pôle position sur la plateforme revendicative. « nous réclamons une formation après plus de deux ans de service dans le moyen-secondaire. Nous voulons bénéficier de la formation à l’école normale supérieure. Nous voulons aussi avoir la possibilité de prendre part au mouvement national en tant que chargés de cours. Et enfin, nous exigeons l’IRD, indemnités de recherche documentaire », énuméra-t-il.
Ce mouvement d’humeur des chargés de cours est une alerte qui pourrait faire écho à la grogne des 5000 enseignants recrutés l’année dernière. Ces agents recrutés dans le cadre d’un programme spécial attendent toujours d’être intégrés dans la fonction publique. Une intégration qui devrait survenir depuis octobre 2022, mais qui serait bloquée par un décret. En attendant que les autorités digèrent cette grogne pacifique des chargés de cours, le spectre d’une année perturbée plane visiblement juste au dessus de cette année scolaire.

