Publié ce mercredi 28 septembre, le nouveau rapport économique a fait état « des tensions géopolitiques et des pressions inflationnistes qui ont affecté les moteurs de la croissance et le pouvoir d’achat des ménages en 2022. Le déficit budgétaire devrait s’améliorer légèrement mais en restant supérieur à 6% du PIB, pour une troisième année consécutive en 2022 », note-t-il.
De même, la croissance réelle du PIB, qui s’est significativement accélérée en 2021, est estimée à 6,1% (3,3% pour le PIB par habitant), essentiellement tirée par la reprise de la consommation privée et de l’investissement.
La Banque mondiale relève toutefois, que les moteurs de la croissance seront affectés par le contexte inflationniste en 2022 avec une croissance estimée à 4,8%.
L’écosystème entrepreneurial devant soutenir la relance économique, devrait passer par la contribution du secteur privé à la croissance à moyen terme mais aussi grâce à des liens internationaux entre réseaux d’entrepreneurs.
Nathan Belete, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, a souligné « que le rapport est une opportunité pour la Banque mondiale de faire le point sur la situation économique au Sénégal, en s’appuyant sur les dernières données disponibles et en prenant en compte le contexte délicat de l’économie mondiale en 2022″.
Dans le rapport toujours, les experts notent qu’en 2022, les pressions extérieures persisteront en raison de la hausse des prix mondiaux due à la guerre en Ukraine, ainsi que des importations en capital liées au secteur des hydrocarbures. Les baisses sont incertaines.
À l’échelle mondiale, l’année 2021 était marquée par le relâchement des restrictions sanitaires et la reprise économique
Après avoir enregistré une forte récession en 2020 à cause du COVID-19, la croissance mondiale a connu un rebond atteignant 5,5% en 2021, la reprise post-récession la plus forte depuis 80 ans. Le relâchement des restrictions liées au COVID-19 dans de nombreux pays et l’accélération des taux de vaccination ont contribué à une forte croissance de la demande. La reprise de la croissance mondiale a bénéficié à l’économie sénégalaise, notamment avec le rebond de la demande dans ses principaux partenaires commerciaux. Cependant, les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont pesé sur l’activité mondiale au second semestre de 2021 menant l’inflation moyenne à 3,9% dans les économies avancées et à 5,9% dans les pays émergents et en développement.
En 2021, le rebond de la croissance au Sénégal indique un fort potentiel mais l’économie reste fragile
En 2021, la croissance a rebondi pour atteindre 6,1% (3,3% en PIB par habitant) comparé à 1,3% en 2020. Du côté de la demande, la croissance a été tirée par la forte reprise de la consommation privée et de l’investissement suite au relâchement des mesures de confinement. La consommation et l’investissement privés ont respectivement cru de 6% et de 7,9% en 2021, comparé à des croissances de 2,2% et 1,7% respectivement en 2020. Les exportations nettes ont connu une amélioration bénéficiant de la reprise de la demande mondiale et de la hausse de la production extractive et manufacturière de 32,3% et 13% respectivement. Du côté de l’offre, la production industrielle et les services ont enregistré une forte croissance de 10,9% et de 5,7% respectivement tandis que l’agriculture a connu une contraction de 1% après une croissance record, de 12,8%, en 2020.
Selon toujours le document de la Banque mondiale parvenu à Teranganews, « la croissance du Sénégal s’est située dans la moyenne de la croissance de ses pairs structurels. Le Sénégal a enregistré une croissance moyenne de 5,5% entre 2015 et 2021 comparé à une moyenne de 5,2% dans les pays pairs structurels. Cependant, cette évolution comparable n’est pas suffisante pour permettre de combler l’écart en termes du PIB par habitant, notamment avec la Côte d’Ivoire et le Ghana, puisque le Sénégal continue d’avoir un PIB par tête plus faible.

