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La réponse de Birahim Seck et Seydi Gassama à Macky Sall sur la limitation des mandats

Birahim Seck du Forum Civil et Seydi Gassam d’Amnesty Sénégal ont réagi suite au propos de Macky Sall sur la limitation des mandats qui serait selon lui un obstacle pour permettre aux chefs d’Etats à travailler pour leur pays. Le président de la République a déclaré lors d’un dîner de réception des “Young leaders” de la French-African fondation au Palais de la République, jeudi passé, que “les procédures qui conditionnent les décaissements en Afrique sont incompatibles avec un développement économique des pays africains à cause des limitations des mandats présidentiels.”

En recevant les lauréats de la promotion 2021 du programme des Young leaders de la French-African Foundation, le jeudi 5 mai dernier, le chef de l’État, président en exercice de l’Union africaine (UA) a plaidé pour la révision des conditions de financement des projets des États africains.

Une sortie du chef de l’État Macky Sall qui n’a pas laissé de marbre le Coordonnateur du Forum civil qui, dans un post sur Twitter, s’en est pris à sa gouvernance.

« Monsieur le président de la République, vous ne pouvez pas vous défausser sur les procédures en début du premier mandat et le refaire à la fin de votre ultime mandat, alors que vous avez, pourtant, eu 10 ans pour réformer et digitaliser les procédures en profondeur. Êtes vous en train de confesser que le PSE est un échec« , commente Birahim Seck avant d’ajouter.

Quid de la limitation des mandats? Sur ce point, Birahim Seck semble donner sa langue au chat préférant laisser  la réponse au peuple sénégalais.

« Pour le respect de la limitation des mandats, le peuple sénégalais saura dire son mot, le moment venu, en tant dépositaire dépositaire de la Souveraineté », conclu-t-il.

Même son de cloche pour Seydi Gassama, directeur exécutif de Amnesty International, « dans un continent où, dans la plupart des États, les contre-pouvoirs sont faibles, et où le président en exerce contrôle l’appareil d’État et dispose de toutes les ressources publiques, seule une limitation des mandats présidentiels permet d’assurer l’alternance au pouvoir», a d’emblée twitté M. Gassama.

Selon Seydi Gassama, « l’alternance au pouvoir est la seule panacée contre les guerres civiles et les coups d’État et aucun État africain n’est à l’abri de ces fléaux». Gassama ajoutera que « Dix ou 12 ans à la tête d’un État, quelque soit la lenteur des procédures, c’est suffisant pour réaliser son programme et partir».
«Puisque nous voulons plus de démocratie en Afrique, nous disons, il faut limiter les mandats, soit. Mais si au même, les procédures qui datent des années 60 sont les mêmes qui conditionnent le décaissement, quand est-ce que ces régimes mis en place vont avoir un bilan ?», demande-t-il. Avant d’ajouter: «Donc, tous les cinq (5) ans, on va virer des régimes, ça va être un éternel recommencement, contraire à l’idée du développement».

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Khadim FALL