Les travailleurs de la santé maintiennent la pression sur le gouvernement et continuent de dénoncer un acharnement contre leurs collègues arrêtés à Louga suite au décès à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de la dame Astou Sokhna morte en couche.
Après la « Journée sa blouse » le Collectif des travailleurs de la santé et de l’action sociale (CTSAS) a décidé de décréter un mot d’ordre de grève de 48 heures à compter du mardi 26 avril 2022 avec respect du service minimum et des urgences en signe de protestation contre la gestion du dossier de Astou Sokhna morte en couches au début du mois à l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga. « Le mercredi 27 avril 2022 nous vous donnons rendez-vous à Louga pour la « mobilisation blanche », tous les agents de santé seront en blouse blanche ou rose, les familles et sympathisants en tenue blanche. Le collectif appelle enfin l’État du Sénégal à engager des réformes profondes de notre système de santé au grand intérêt de nos populations afin de sauver notre hôpital public », renseigne toujours le document.
Le Collectif des travailleurs de la santé et de l’action sociale (CTSAS) continue le combat pour dit-il dénoncer « le sentiment d’injustice et de désœuvrement des agents de santé. Nonobstant les conditions laborieuses d’exercice dans nos hôpitaux qui ont pour maux le déficit en ressources humaines de qualité, un plateau technique quasi-inexistant ainsi qu’un traitement misérable des travailleurs, le personnel de santé fait preuve d’une abnégation sans faille pour assurer une continuité des soins. Le document de poursuivre « Nous avons voulu tirer la sonnette d’alarme sur ces conditions désastreuses de travail contraire à la dispensation des soins de qualité, contre le manque de considération des professionnels de santé et enfin pour une justice équitable pour le personnel de la maternité de l’Hôpital ASM de Louga par cette mobilisation exceptionnelle », indiquent les travailleurs de la santé.
Toutefois, ils constatent que l’État du Sénégal n’a pas suffisamment pris en compte les exigences des acteurs de santé et des populations pour une meilleure prise en charge de la santé, qui est du ressort régalien de l’État comme stipulé dans la constitution en son Article 17 : « l’État et les collectivités publiques ont le devoir de veiller à la santé physique et morale de la famille…., l’État garantit aux familles en général et à celles vivant en milieu rural en particulier l’accès aux services de santé et au bien-être ».
Selon le communiqué parcouru par Teranganews, le collectif regrette une enquête bâclée qui a abouti à des conclusions hâtives : « l’enquête sur le décès de Mme Astou Sokhna se suffit de vagues conclusions d’un audit dévoyé de son objectif en lieu et place du travail d’investigation devant commencer par établir la cause exacte de la mort par l’autopsie. Suffisant pour eux de dire que, cette démarche hâtive en l’absence de données scientifiques factuelles pour étayer ce dossier ne présage en rien d’un procès sincère permettant la manifestation de la vérité. « Nous vous informons également que les propos « jugés discourtois par la famille de la patiente » qui sont à l’origine de toute cette cabale n’ont jamais été tenus par la sage-femme de garde ! Ni aucun personnel qualifié ! ».
Dans leur communiqué, ils ont soutenu que les réponses aux questions ci-après sont suffisamment éloquentes pour montrer la légèreté des accusations. Comment peut-on expliquer qu’une femme négligée ait pu bénéficier de l’examen de la gynécologue et des deux sage-femmes de garde et que toutes les prescriptions ont été respectées ? Comment expliquer qu’une personne négligée ait bénéficié d’un traitement par perfusion ? Depuis quand cela revient-il aux familles de poser le diagnostic de césarienne d’urgence ?
Pourquoi le parquet feint d’ignorer que c’est la structure qui doit être poursuivie en cas d’erreurs médicales avérées et non les agents ?
Toutes ces insuffisances, disent-ils, montrent qu’il y’a une volonté manifeste de faire des sage-femmes de Louga, un exemple en mettant arbitrairement en prison ces femmes malgré leur droit à la présomption d’innocence, elles qui ont choisi d’assister courageusement des femmes enceintes souvent au détriment de leur vie. Les travailleurs de la santé pensent que le parquet devrait faire preuve d’humanisme en les laissant chez elles jusqu’à la date du procès.
Enfin, le collectif dénonce avec véhémence ce traitement partiel et partial pour satisfaire une clameur populaire à visée purement politicienne.

