De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Après trois jours d’audience, le procès des prévenus suite au massacre, le 6 janvier 2018, de quatorze (14) exploitants forestiers dans la forêt du Bayotte Est, suit son cours normal. Une dizaine de témoins et deux (2) des six (6) rescapés ont été entendus devant la barre. Les parents des victimes, présents à l’audience en tant que parties civiles à côté des rescapés, demandent solennellement à l’État de déclarer les orphelins pupilles de la nation.
C’est, en tout, ce qu’a expliqué leur porte-parole Bacary Touré. grand-frère de même père et de même mère de Feu Seydou Touré décédé dans le massacre du 6 janvier 2018.
Selon lui, » notre souhait le plus ardent aujourd’hui, plus que jamais, c’est que l’État prenne entièrement en charge, en tant que pupilles de la Nation, les orphelins du massacre qui a emporté nos parents. C’est même un vœu pour nous. »
A l’en croire, les charges familiales sont extrêmement lourdes à supporter, surtout en ce qui concerne les orphelins qu’il faut prendre en charge avec, pour certains d’entre nous, les épouses. Ça, c’est pour les décédés. Concernant les handicapés et invalides de ce massacre qui ne peuvent plus survenir à leurs propres besoins à plus forte raison prendre correctement leurs épouses et enfants en charge, alors qu’ils sont réduits à mendier chaque jour, c’est infernal ! »
» Nous devons tous avoir d’une manière ou d’une autre un accompagnement de l’État central, au plus haut niveau. Or nous pensons que si l’État accompagne l’éducation, la santé, les études, etc ce serait bien car personne ne sait ce que deviendra chaque enfant de ce pays » a-t-il ajouté.
Pour sa part, le rescapé Ibrahima Daffé, a dit que » quatre ans après le massacre, je ne suis pas guéri à 100%, j’ai même l’impression qu’il y a toujours une balle de fusil dans mon corps. J’ai encore du mal à me tenir debout longtemps. Et je suis obligé de faire du tâcheron pour glaner ça et là de la monnaie afin de nourrir ma famille. J’ai une épouse et cinq enfants que je nourris. Ce que je demande à l’État pour moi , pour les autres rescapés et les veuves et enfants des quatorze morts dont les trois compagnons du jour du massacre, c’est simple : qu’il nous vienne en aide sur tous les plans, parce que l’État est un bien commun, il est là pour nous tous.
Le procès se poursuit toujours. Aucun verdict n’est tombé. Les parties civiles tout comme les prévenus se disent confiants.

