De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
C’est sous très haute surveillance que la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Ziguinchor se penche se lundi 21 mars 2022 sur le dossier des accusés dans le cadre de l’enquête ouverte après le massacre d’un quinzaine d’exploitants forestiers, le 6 février 2018, dans la forêt du Bayotte Est, non loin du village de Boffa.
Dans le rôle rendu public par le président de la chambre criminelle, portant sur l’affaire nº 6, il est indiqué que l’audience ne devrait pas dépasser deux (2) semaines.
D’autre part, le seize (16) prévenus devraient être appelé devant la barre dont, en principe, le chef rebelle, responsable du front sud du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) César Atout Badiate. Ce dernier, on le sait, n’ayant pas été arrêté, devrait alors être jugé par contumace.
Ainsi, les accusés sont René Bassène, Oumar Ampoï Bodian, César Atout Badiate, Abdou Karim Sagna, Adama Diémé, Tombon Arona Badji, Cheikh Omar Diédhiou, Nfally Diémé, Lansana Badji dit Assane, Alphouseyni Badji, Papya Sané dit Daguen, Jean Christophe Diatta, Ibou Sané, Abdou Sané, Abdoulaye Diédhiou et Aliou Badara Sané.
Les prévenus ont été placés sous mandat dépôt le 19 janvier 2018.
Les accusations portent sur : association de malfaiteurs, participation à un mouvement insurrectionnel, assassinat, tentative d’assassinat, séquestration ayant entraîné la mort, vol en réunion avec usage d’armes et de violences, détention illégale d’armes de la première catégorie, complicité d’assassinat, complicité de tentative d’assassinat, complicité de séquestration ayant entraîné la mort, complicité de vol en réunion avec usage d’armes et enfin tentative de sortie irrégulière de correspondance.
Si trente-cinq (35) avocats vont devoir s’affronter à la barre dont certains venus d’Europe, notamment de la France pour défendre entre autres Oumar Ampoï Bodian et René Bassène, trente-six (36) témoins devraient y défiler.
Les parties civiles sont formées par dix-sept (17) personnes.
Pour rappel, le 6 janvier 2018, une bande armée a séquestré un vingtaine d’exploitants forestiers dans la forêt de Boffa Bayotte, les spoliant de tout ce qu’ils portaient par devers eux, les sommant de se coucher à plat ventre avant vider leurs chargeurs d’armes sur eux.
Quatorze (14) décéderont sur le coup, une quinzaine personnes sera morte en pleine ville, au moment où elle se rendait à la gendarmerie pour, où elle avait été convoquée pour les besoins de l’enquête.
Vingt-cinq (25) personnes avaient été arrêtées et placées sous mandat de dépôt. En février 2022, une douzaine d’entre eux a été remis en liberté.

