La communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tiendra, le jeudi 3 février 2022, à Accra au Ghana, un sommet extraordinaire sur la situation au Mali, en Guinée Conakry et au Burkina Faso. L’information a été donnée , par une source diplomatique. Le Mali, la Guinée Conakry et le Burkina Faso sont tous sanctionnés par l’organisation régionale après un coup d’Etat militaire perpétré respectivement dans ces trois pays. Avec ce sommet qui se profile à l’horizon, va-t-on vers une levée des sanctions ou un durcissement des positions ?
Depuis le 9 janvier 2022, le Mali est sanctionné par la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour n’avoir pas eu la volonté politique d’organiser les élections courant ce mois de février 2022 après les putschs du 18 août 2020 et celui du 24 mai 2021.
Ces sanctions économiques et financières de la CEDEAO sont entre autres : fermeture des frontières entre les pays de la CEDEAO et le Mali ; suspension de toutes les transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le Mali ; gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques Centrales et Commerciales de la CEDEAO etc.
En réaction, le gouvernement du Mali a produit un communiqué le même jour pour condamner ces « sanctions illégales et illégitimes prises par l’UEMOA et la CEDEAO ». Dès lors, un bras de fer s’est installé entre les deux parties (Mali-CEDEAO) qui sont pourtant ouvertes au dialogue. Car le 10 janvier 2022, le chef de l’Etat malien, Colonel Assimi GOÏTA, s’est adressé à la Nation tout en affirmant que : «Même si nous regrettons le caractère illégitime, illégal et inhumain de certaines décisions, le Mali reste ouvert au dialogue avec la CEDEAO pour trouver un consensus entre les intérêts supérieurs du peuple malien et le respect des principes fondamentaux de l’organisation. Notre engagement pour un retour à l’ordre constitutionnel normal, apaisé et sécurisé n’a jamais failli ».
La CEDEAO, quant à elle, a indiqué dans une note publiée, le jeudi 27 janvier 2022, qu’elle « reste disponible et ouverte au dialogue pour accompagner le Mali vers un retour à l’ordre constitutionnel à travers des élections crédibles et transparentes, organisées dans un délai raisonnable et acceptable». Le Mali a proposé un délai de 5 ans pour la durée de la transition qui est jugé « trop » par la CEDEAO. Les deux parties (Mali-CEDEAO) ont exprimé leur volonté d’aller au dialogue, alors, avec le sommet du 3 février 2022 de la CEDEAO sur le Mali, va-t-on vers une levée des sanctions ou un durcissement des positions ? Notre source diplomatique précise que les deux parties discutent sans donner plus de détails. « Les deux parties sont ouvertes au dialogue. Le gouvernement dialogue à travers le comité local de suivi de la transition. C’est l’aboutissement de ces dialogues qui permettra la levée des sanctions », a souligné notre source diplomatique.

